![]() En profondeur Bahreïn : tension à la veille du premier anniversaire de la contestation contre la monarchie Mise à jour le lundi 13 février 2012 à 11 h 20 HAE Bahreïn : tension à la veille du premier anniversaire de la contestation contre la monarchie
Occultée par la situation en Syrie, la contestation à Bahreïn n'en demeure pas moins active malgré la répression. À la veille du premier anniversaire du soulèvement contre la monarchie, les forces de l'ordre sont déployées sur les routes du pays pour empêcher la manifestation de mercredi à laquelle a appelé l'opposition. Les « Partisans de la révolte du 14 février à Bahreïn », qui ont appelé à marcher sur la place de la Perle, ont affirmé dans un communiqué qu'il n'y aurait « pas de dialogue jusqu'à la chute du régime ». Le chef de la sécurité générale, le général Tarek Al-Hassan, a mis en garde contre « les appels provocateurs sur les réseaux sociaux à des manifestations ou des activités illégales, menaçant la sécurité et l'ordre public ». Du 14 février à la mi-mars 2011, des manifestants s'étaient rassemblés à la place de la Perle, dans la capitale Manama, pour réclamer des réformes politiques, économiques et sociales. Majoritaires, les chiites s'estiment discriminés par le pouvoir en place, détenu par la dynastie sunnite d'Al-Khalifa. La contestation de l'année dernière a été violemment réprimée par les autorités avec la collaboration des forces saoudiennes et émiraties. Les manifestants avaient été chassés et le monument central de la place, rasé. Préliminaires Dans la nuit du dimanche à lundi, des affrontements ont eu lieu dans les banlieues chiites de Manama entre les manifestants et les forces de l'ordre. La police a dispersé les manifestants à l'aide de tirs de gaz lacrymogènes et de grenades assourdissantes, selon des témoins. Les mêmes témoins ont indiqué qu'il y a eu de nombreux blessés sans en préciser le nombre. Selon eux, les blessés ne veulent pas se rendre dans des hôpitaux gouvernementaux de peur d'être arrêtés. En 2011, les autorités ont arrêté non seulement des blessés, mais aussi des médecins et des infirmiers qui leur prodiguaient des soins. Plusieurs membres du personnel médical ont même été condamnés à de lourdes peines de prison. Par ailleurs, des milliers de personnes ont participé dimanche soir à un rassemblement dans une localité chiite près de Manama, au cours duquel le chef du Wefaq, principal groupe de l'opposition chiite, le cheikh Ali Salmane, a dénoncé « la dictature » des Al-Khalifa et a appelé à « un régime démocratique et à la bonne gouvernance ». De son côté, le roi Hamad a déploré « l'absence d'une opposition unifiée » pour servir d'interlocuteur avec le gouvernement. Il a en outre de nouveau accusé « certaines parties » en Iran de vouloir « porter atteinte à la sécurité et à la stabilité » de Bahreïn, justifiant ainsi le recours aux troupes du Golfe, notamment saoudiennes. Les réformes attendent toujours, déplore Amnistie Amnistie internationale a estimé lundi que Manama n'avait pas mis en oeuvre les réformes recommandées par une commission d'enquête indépendante sur la répression de la contestation. « Le gouvernement de Bahreïn est encore loin d'opérer les changements en matière de droits de l'homme », proposés par la commission indépendante, relève l'organisation dans un communiqué. La répression de la contestation s'était soldée par 35 morts : 30 civils, dont 5 morts sous la torture, et 5 membres des forces de sécurité, avait indiqué cette commission dans son rapport présenté en novembre. L'organisation a fait état lundi « d'au moins 20 autres morts » dans les heurts qui se sont poursuivis par intermittence à Bahreïn, portant ainsi le bilan à au moins 55 personnes tuées en un an. Radio-Canada.ca avecAgence France Presse Fil international en continuMis à jour il y a 12 minutesCorrespondants à l'étranger
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