![]() En profondeur Syrie : la Ligue arabe demande une force de maintien de la paix avec l'ONU Mise à jour le dimanche 12 février 2012 à 23 h 30 HAE Syrie : la Ligue arabe demande une force de maintien de la paix avec l'ONU
La Ligue arabe a appelé dimanche à la formation d'une force conjointe de maintien de la paix ONU-Arabes en Syrie, et a annoncé du même souffle la fin de la mission des observateurs, suspendue le mois dernier en raison de l'escalade de la violence. Selon le communiqué final d'une réunion des ministres arabes des Affaires étrangères dimanche, l'organisation panarabe a également demandé à ses membres de rompre leurs relations diplomatiques avec Damas. La Ligue arabe s'est engagée pour sa part à fournir du soutien politique et matériel à l'opposition syrienne. Les ministres ont enfin salué la proposition de la Tunisie d'organiser sur son sol « une conférence des amis de la Syrie » le 24 février, pour discuter des moyens de faire cesser les violences. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a indiqué dimanche à son homologue de la Ligue arabe qu'il reviendra au Conseil de sécurité de statuer sur les décisions prises par les ministres arabes au Caire, précise un communiqué de son porte-parole Martin Nesirky. Démission du chef des observateurs Les ministres arabes des Affaires étrangères ont donc définitivement mis fin à la mission en Syrie des 165 observateurs de la Ligue arabe, quelques heures après que son chef, le général soudanais Mohammed Ahmed Moustapha al-Dabi, eut démissionné. Selon l'agence de presse égyptienne Mena, la démission du chef de la mission des observateurs a été acceptée par la Ligue arabe, qui aurait proposé la nomination d'Abdel Ilah al-Khatib, ancien ministre jordanien des Affaires étrangères, au poste d'émissaire de la Ligue arabe en Syrie. Fin janvier, la Ligue arabe a suspendu sa mission d'observateurs en Syrie, déployée depuis le 26 décembre, en raison de l'escalade de la violence dans le pays. L'organisation panarabe avait été maintes fois critiquée pour son inefficacité à mettre un terme à la répression des manifestations hostiles au régime du président Bachar Al-Assad. Certains observateurs avaient même quitté la mission en guise de protestation. À Homs, regain de violences après une accalmie Sur le terrain, les tirs ont repris à Homs. Les habitants de la troisième ville du pays, pilonnée depuis le 4 février dernier par les forces syriennes, ont connu une relative accalmie dimanche pendant quelques heures. Une quinzaine de familles ont pu ainsi quitter les quartiers tenus par l'opposition, où des milliers de manifestants se sont réunis dans la nuit, rapportent des dissidents. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), basé à Londres, quatre personnes ont été tuées dimanche matin dans le bombardement du quartier de Bab Amro à Homs, où une trentaine de roquettes se sont abattues. La veille, les violences ont fait 45 morts en Syrie, dont au moins 31 à Homs, selon des opposants. L'armée a poursuivi samedi ses bombardements à l'artillerie lourde à Homs, mais avec une intensité moindre, a dit le chef de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, en précisant que 500 personnes au moins ont péri jusque-là dans l'offensive militaire lancée contre Homs. À Alep, au lendemain des attentats à la voiture piégée qui ont fait 28 morts et plus de 200 blessés, les forces de l'ordre dans les quartiers rebelles, des blindés et des tireurs embusqués ont été déployés dans cette ville, considérée comme le poumon économique du pays épargné jusque-là par le mouvement de contestation. Pas de nouvelle résolution à l'Assemblée générale Les autorités saoudiennes ont démenti dimanche avoir fait circuler un projet de résolution sur la Syrie à l'Assemblée générale de l'ONU. Le roi Abdallah a déploré le veto de la Russie et de la Chine, la semaine dernière, lors du vote du Conseil de sécurité de l'ONU sur un projet de résolution condamnant la répression du soulèvement syrien. Des diplomates ont ensuite fait savoir que Riyad avait fait circuler un projet équivalent à l'Assemblée générale, dont les résolutions ne sont pas contraignantes. Dimanche, le chef de la diplomatie saoudienne, le prince Saoud al Fayçal, a tout de même appelé au Caire ses collègues à des « mesures décisives » après l'échec des « demi-mesures ». « Combien de temps encore allons-nous rester spectateurs [...] en accordant toujours plus de temps au régime syrien pour qu'il continue à massacrer son peuple ? », a-t-il dit. La crise syrienne chez les voisins Radio-Canada.ca avecAgence France Presse et Reuters Fil international en continuMis à jour il y a 3 heures 2 minutesCorrespondants à l'étranger
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