Harper soulève la question des droits de la personne en Chine

Le premier ministre Harper a prononcé un discours à Canton, capitale de la province du Guangdong, dans le sud de la Chine. Le premier ministre Harper a prononcé un discours à Canton, capitale de la province du Guangdong, dans le sud de la Chine.   © PC/AP/Kin Cheung

Les ressources énergétiques canadiennes et les droits de la personne en Chine ont été au coeur d'un discours que le premier ministre canadien Stephen Harper a prononcé vendredi devant des gens d'affaires de Canton, capitale de la province de Guangdong, dans le sud de la Chine.

Dans son allocution d'une vingtaine de minutes, Stephen Harper a soutenu que le Canada est maintenant une superpuissance énergétique en émergence, qui souhaite vendre cette énergie à quiconque voudra bien l'acheter, et que la Chine en a justement besoin.

Cette remarque est faite quelques semaines à peine après que les États-Unis eurent rejeté le projet de pipeline Keystone XL, qui était vivement contesté par les environnementalistes, tant au Canada qu'aux États-Unis.

Le premier ministre a d'ailleurs continué de critiquer ces défenseurs de l'environnement. Son gouvernement, a-t-il dit, défend les intérêts des Canadiens face aux influences étrangères qui cherchent à entraver des projets de développement au Canada.

M. Harper a cependant prévenu que la population canadienne s'attend à ce que son gouvernement ne dissocie pas les relations commerciales des valeurs traditionnelles du pays.

« Les Canadiens croient, et ont toujours cru, que ce genre de relations économiques mutuellement bénéfiques que nous recherchons est aussi compatible avec une bonne et franche discussion sur les principes fondamentaux », a dit le premier ministre. « Et ils demandent que leur gouvernement - et leurs entreprises - fassent respecter ces caractéristiques nationales dans nos négociations ».

Stephen Harper n'a cependant pas fait référence à un cas précis dans son discours. Il n'a évoqué ni la situation au Tibet, ni la cause du Prix Nobel de la paix 2010, Liu Xiabao, une peine de 11 ans de prison, notamment pour avoir réclamé des élections libres et plus de liberté d'expression.

Le premier ministre canadien dit avoir soulevé la question des droits de la personne plus tôt cette semaine, lors de discussions bilatérales avec les dirigeants chinois, mais c'est la première fois qu'il l'évoque publiquement depuis le début de son voyage.

Canton, qui compte 30 millions d'habitants, est l'une des villes les plus florissantes de Chine, grâce à ses activités industrielles et commerciales.

M. Harper a aussi rencontré le plus haut dirigeant du Parti communiste chinois dans la province de Guangdong, Wang Yang. Ce dernier, réputé pour son ouverture d'esprit, est considéré comme un aspirant à un poste au comité central du parti communiste chinois, l'organe le plus puissant du pays.