Une centrale nucléaire américaine
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AFP/JEFF FUSCO
La Commission de régulation du nucléaire (NRC) approuve pour la première fois depuis 1978 la construction de deux réacteurs nucléaires sur le territoire des États-Unis, malgré l'opposition du président de l'organisation américaine, Gregory Jaczko, hanté par le souvenir des événements de la centrale japonaise de Fukushima.
La NRC a autorisé « la construction et la mise en service » des réacteurs 3 et 4 de Vogtle, une centrale atomique de la Georgie. Cette centrale est exploitée par la société Southern Nuclear et ses réacteurs ont été mis au point par le groupe japonais Toshiba et sa filiale américaine Westinghouse. Le réacteur 3 doit entrer en service en 2016 et le 4, l'année suivante.
L'industrie nucléaire stagnait aux États-Unis depuis l'accident de la centrale de Three Mile Island en Pennsylvanie, en mars 1979, lorsque l'intérieur d'un réacteur avait fondu. Le gouvernement de Barack Obama et celui de George W. Bush avaient tous deux tenté de relancer cette industrie au cours des dernières années, mais ils s'étaient heurtés, sur le plan économique, à la concurrence du gaz, ainsi qu'à la méfiance d'une partie de l'opinion publique.
L'autorisation de la NRC permet à Southern Nuclear d'achever ses travaux déjà entamés.
Le président de l'organisation s'opposait toutefois à l'octroi de cette licence, qu'il voulait conditionnelle à un « engagement irrévocable » de la part de Southern Nuclear d'achever avant la mise en service des « améliorations » prévues pour tenir compte des problèmes liés à l'accident nucléaire de Fukushima, en mars 2011, au Japon.
La série d'accidents nucléaires provoquée par le séisme et le tsunami qui ont dévasté le nord-est du Japon le 11 mars 2011 est considérée comme l'une des pires que l'histoire a connues.
Les quatre autres membres de la commission ont quant à eux estimé que les améliorations proposées « ne changeraient en rien la sûreté de fonctionnement des nouveaux réacteurs ».
Le désamour européen
L'énergie nucléaire a mauvaise presse depuis l'accident de Fukushima, surtout en Europe, où 30 % de l'électricité est produite par le nucléaire, selon le commissaire européen à l'Énergie, Günther Oettinger.
Le gouvernement allemand, notamment, s'est engagé au printemps à renoncer à ce type d'énergie d'ici 2022, à l'instar de l'Espagne et de la Belgique.
En Italie, après l'accident de mars au Japon, le chef du gouvernement, Silvio Berlusconi, avait gelé ses plans pour un retour au nucléaire, énergie abandonnée en 1987, un an après la catastrophe de Tchernobyl.
La Suisse, où 40 % de l'électricité est d'origine nucléaire, a elle aussi annoncé la fermeture progressive de ses réacteurs au terme de leur durée de fonctionnement moyenne de 50 ans. La dernière centrale cesserait donc de fonctionner en 2034.
La Suède a pour sa part autorisé la construction de nouveaux réacteurs pour remplacer les anciens.