![]() Mise à jour le jeudi 9 février 2012 à 16 h 10 HAE Syrie : l'assaut contre Homs se poursuit
L'armée syrienne a poursuivi, jeudi, son assaut contre Homs, épicentre de la contestation du régime de Bachar Al-Assad, pour une sixième journée consécutive. Les tirs de roquettes et d'obus de mortier y ont fait une cinquantaine de victimes, essentiellement des civils, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), basé à Londres. Les Comités locaux de coordination évoquaient quant à eux un bilan de 100 morts. Il est cependant impossible de vérifier les bilans de source indépendante. Les tirs étaient concentrés sur les quartiers de Baba Amr, d'Inshaat, d'Al-Bayyada et de Jouret al-Shayyah. « Les roquettes pleuvent sans arrêt sur Baba Amr », illustrait un militant. D'autres ajoutaient que des tireurs d'élite visaient les civils à partir des toits. Pendant les moments de répit entre les bombardements, les hauts-parleurs diffusaient des appels pour des dons de sang et de matériel médical. Évoquant une « ville fantôme », un militant rapportait que certains immeubles sont complètement détruits. Les armes des membres de l'Armée syrienne libre « ne font pas le poids face aux roquettes du régime », déplorait-il. Les militants rapportaient en outre que l'électricité et les communications sont coupées, et les infrastructures détruites, et faisaient état d'une pénurie de médicaments et de nourriture. Amnistie internationale a d'ailleurs dit craindre « une crise humanitaire majeure ». Le gouvernement syrien a reconnu que ses troupes menaient des opérations à Homs, mais a affirmé que ces dernières y pourchassent des « groupes terroristes », qu'il accuse d'être responsables des violences contre les civils. L'OSDH estime à plus de 400 morts le bilan de l'attaque de Homs, qui se poursuit sans répit depuis vendredi dernier. Les troupes mènent aussi des opérations contre d'autres foyers de la contestation, comme à Deir Ezzor (dans l'est), Zabadani et Madaya, (au nord de Damas), Idleb (dans le nord-ouest), et des villes de la province de Deraa (dans le sud). Une vingtaine de civils y auraient perdu la vie.
Selon l'OSDH, sept membres des forces de sécurité ont par ailleurs été tués sur la route reliant Deraa à Damas, dans une embuscade tendue par des déserteurs, et douze autres ont été blessés. Le dernier bilan de l'ONU faisait état de 5500 morts dans l'ensemble du pays, excluant les soldats tués par des insurgés armés, depuis le début de la révolte, à la mi-mars. Les militants pro-démocratie ont par ailleurs renouvelé leur appel en faveur des manifestations hebdomadaires de vendredi. Ils comptent cette fois-ci dénoncer l'appui de la Russie au régime et le veto qu'elle a opposé, samedi, à une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU condamnant la répression. La Chine avait elle aussi exercé son veto. Ahmadinejad réaffirme le soutien de l'Iran à la Syrie Alors que la répression sanglante de la contestation est dénoncée par de nombreux pays, le président Mahmoud Ahmadinejad a réaffirmé jeudi au grand mufti de Syrie l'appui de l'Iran au régime du président Al-Assad, selon le site Internet de la présidence iranienne. « Les États-Unis et leurs alliés cherchent à provoquer une nouvelle guerre dans la région pour casser la ligne de la résistance islamique (NDLR : face à Israël) et sauver le régime sioniste [...] mais nous croyons que dans l'unité et avec sagesse, nous pouvons leur résister », a déclaré Mahmoud Ahmadinejad à cheikh Ahmad Badreddine Hassoune, en visite à Téhéran pour une conférence internationale sur l'unité islamique.
Cheikh Hassoune a transmis en retour au président Ahmadinejad « les remerciements du président Bachar Al-Assad pour la position de l'Iran » sur la Syrie. La visite dans la capitale iranienne de la plus haute autorité religieuse de la Syrie survient quatre jours après la sortie des Frères musulmans syriens, qui ont accusé l'Iran, comme la Russie et la Chine, d'être « complices des massacres » commis contre la population syrienne en fournissant des armes au régime de Bachar Al-Assad. L'Iran est le principal allié de la Syrie dans la région et s'est jusqu'à présent gardé de condamner la répression des opposants, tout en appelant Damas à des réformes et au dialogue. Offensives diplomatiques Le Conseil national syrien (CNS), instance qui regroupe les principaux groupes de l'opposition, s'est réuni au Qatar, pour faire le point sur les derniers développements avant la tenue de deux rencontres importantes, soit celle du Conseil de coopération du golfe (CCG) et celle de la Ligue arabe, prévues dimanche au Caire. Un porte-parole a précisé que le CNS devait également débattre de la création d'un Groupe des amis de la Syrie, proposée par la France, et rencontrer des responsables du Qatar, activement impliqué dans les démarches diplomatiques pour mettre fin à la répression exercée par le régime Al-Assad. Plus tôt cette semaine, les pays du CCG ont décidé d'expulser les ambassadeurs de Syrie et de rappeler les leurs en poste à Damas, devant le blocage sino-russe à l'ONU. La Libye leur a emboîté le pas jeudi, lançant aux diplomates syriens un ultimatum de 72 heures pour quitter le pays. Washington avait pour sa part fermé son ambassade. Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a en outre condamné la violence avec laquelle Damas mène l'assaut sur Homs, prédisant une « aggravation » du conflit en l'absence de consensus international. « Je crains que la terrifiante brutalité dont nous sommes les témoins à Homs, avec des tirs d'armes lourdes sur des quartiers d'habitation, ne soit le funeste prélude de choses encore à venir », a-t-il déclaré à l'issue d'une conférence de presse du Conseil de sécurité. La veille, il a annoncé que la Ligue arabe renverrait en Syrie sa mission d'observateurs controversée, ajoutant que le Conseil de sécurité examinerait sa proposition d'une mission conjointe, avec un émissaire spécial commun. Des pays membres du Conseil de sécurité, dont les États-Unis et l'Allemagne, ont cependant réagi avec prudence, jeudi, à cette possibilité. Berlin a par ailleurs annoncé l'expulsion de quatre diplomates syriens, à la suite de l'interpellation, plus tôt cette semaine, de deux hommes accusés d'espionner depuis des années des groupes d'opposition syriens basés en Allemagne. Radio-Canada.ca avecAgence France Presse et Reuters
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