![]() En profondeur Syrie : offensive militaire sur fond d'agitation diplomatique Mise à jour le mercredi 8 février 2012 à 18 h 06 HAE Syrie : offensive militaire sur fond d'agitation diplomatique
La Syrie est devenue un champ de bataille militaire et diplomatique. L'impasse au Conseil de sécurité des Nations unies, après le veto opposé samedi par Moscou et Pékin à un projet de résolution pour mettre fin à la crise en Syrie, n'a pas mis fin aux discussions en coulisse. Le président français, Nicolas Sarkozy, a de nouveau plaidé pour le départ du président syrien Bachar Al-Assad auprès de son homologue russe, Dmitri Medvedev, au cours d'un entretien téléphonique, mercredi. Le président Sarkozy « a souhaité que la Russie apporte son plein soutien au plan de la Ligue arabe, pour convaincre Bachar Al-Assad de s'effacer, prévenir ainsi une guerre civile qui menacerait l'intégrité de la Syrie et la stabilité de toute la région, et permettre que s'engage une transition politique ordonnée », a précisé la présidence par communiqué. En janvier, la Ligue arabe a proposé un processus de transition démocratique qui prévoit notamment l'arrêt des violences et le transfert des pouvoirs au vice-président, avant l'ouverture de négociations avec l'opposition. Le président français a également insisté auprès de M. Medvedev sur « la nécessité d'accentuer la pression sur le régime syrien pour que cesse la répression brutale contre le peuple syrien et que celui-ci puisse enfin réaliser ses aspirations à la liberté et à la démocratie ». Le Kremlin a de son côté fait savoir que Dmitri Medvedev avait mis en garde le président français contre des « mesures unilatérales précipitées » et toute ingérence éventuelle dans les affaires internes de la Syrie. Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a plutôt appelé les pays proches de l'opposition syrienne à l'inciter à entamer un dialogue avec le gouvernement. Washington critique la proposition russe Les États-Unis ont pour leur part écarté les appels de la Russie à un « dialogue » entre les forces en présence en Syrie. Le régime de Bachar Al-Assad en a déjà eu l'occasion, mais il a refusé de la saisir, préférant « réprime[r] brutalement son propre peuple », a affirmé le porte-parole de la présidence américaine, Jay Carney. « Nous ne pensons pas que [ce dialogue] soit encore possible. Assad a fait son choix. Et le résultat, l'horrible résultat de ce choix, est que de nombreux Syriens, dont des enfants, sont morts », a-t-il ajouté. Washington poursuivra, au cours des prochains jours, « de très actives discussions [...] pour cristalliser les prochaines initiatives de la communauté internationale dans cet effort visant à arrêter le massacre du peuple syrien », a poursuivi M. Carney. Ces discussions impliqueront également les opposants du régime, regroupés au sein du Conseil national syrien. La Maison-Blanche a précisé qu'elle ne se prépare pas activement à une intervention militaire. La Turquie veut une rencontre internationale La Turquie, pays voisin de la Syrie, envisage d'organiser « dans les plus brefs délais » une conférence internationale avec les pays occidentaux et arabes. C'est ce qu'a indiqué le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, avant de s'envoler pour les États-Unis, où il évoquera la question syrienne lors d'une rencontre avec son homologue Hillary Clinton. Lors d'une communication téléphonique avec le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, le président russe a en outre « souligné la nécessité de continuer, y compris au sein du Conseil de sécurité de l'ONU, à chercher des approches concertées pour aider au règlement de la crise par les Syriens eux-mêmes », a indiqué le Kremlin dans un communiqué. La position russe se base sur le précédent libyen. Moscou estime que l'OTAN a outrepassé son mandat en prenant le parti des insurgés contre Mouammar Kadhafi. En mars 2011, la résolution 1973 du Conseil de sécurité autorisait la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne en Libye pour protéger les civils. Intensification de l'assaut de l'armée contre Homs Sur le terrain, les attaques de l'armée contre les bastions rebelles ont fait des dizaines de morts, ce qui n'empêche pas des ripostes de la part des rebelles. Sur le plan diplomatique, les réunions succèdent aux entretiens téléphoniques et aux échanges parfois acerbes sur la solution à apporter à cette crise, qui a divisé les grandes puissances. La ville de Homs est le théâtre de violents assauts de l'armée syrienne. Selon l'opposition, au moins 67 personnes ont péri dans l'offensive de l'armée. Dans la nuit de mardi à mercredi, des chars ont fait leur entrée dans le quartier d'Inchat, et se sont également approchés du quartier de Bab Amr, qui a récemment essuyé les pilonnages les plus violents des troupes fidèles au régime. De son côté, le régime accuse les insurgés d'avoir attaqué des barrages de police et lancé des tirs de mortiers sur Homs. Toujours selon les autorités syriennes, des « groupes terroristes armés » ont attaqué à coups d'obus la raffinerie de Homs, incendiant « deux dépôts de carburant ». La raffinerie de Homs est l'une des principales du pays. Par ailleurs, des bombardements ont eu lieu à Zabadani, ville située à la frontière libanaise, à 30 km au nord-ouest de Damas. Deux personnes ont péri lors des pilonnages. Il est cependant difficile de confirmer ces informations de source indépendante en raison des restrictions imposées par le régime syrien aux médias indépendants. Depuis le début de la contestation à la mi-mars, le bilan des morts s'élèverait à plus de 5000. « La médecine comme arme de persécution », selon MSFLe régime syrien exerce « une répression sans merci » contre les blessés lors de manifestations et le personnel soignant qui tente de les secourir, a dénoncé mercredi Médecins sans frontières (MSF), se basant sur des témoignages de patients et de médecins. Radio-Canada.ca avecAgence France Presse et Reuters
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