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Plusieurs ambassadeurs européens et arabes quittent la Syrie

Mise à jour le mardi 7 février 2012 à 14 h 41 HAE

Plusieurs ambassadeurs européens et arabes quittent la Syrie

Cette photo prise dimanche montrerait des résidents de Homs se préparant aux funérailles de plusieurs victimes des violences. L'AFP n'est pas en mesure de vérifier l'authenticité de cette photo.

Photo: AFP/Opposition syrienne

Cette photo prise dimanche montrerait des résidents de Homs se préparant aux funérailles de plusieurs victimes des violences. L'AFP n'est pas en mesure de vérifier l'authenticité de cette photo.

La France, l'Italie, l'Espagne et les Pays-Bas ont annoncé mardi qu'elles rappelaient pour consultation leur ambassadeur en Syrie, où le régime du président Bachar Al-Assad continue de pilonner la ville de Homs.

Les monarchies arabes du Golfe ont également décidé d'expulser les ambassadeurs de Syrie de leurs pays et de retirer leurs diplomates en poste à Damas, en raison du « massacre collectif » commis par le régime.

La Belgique et le Royaume-Uni ont également rappelé leur ambassadeur pour consultation lundi, tandis que les États-Unis ont annoncé la fermeture de leur ambassade à Damas et le rapatriement de leur personnel diplomatique.

Le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Bernard Valero, a expliqué que le rappel de l'ambassadeur Éric Chevallier s'explique par « l'aggravation de la répression menée par le régime de Damas contre sa population ».

L'Italie a justifié le rappel de son ambassadeur par « les inacceptables violences perpétrées par le régime de Damas », tandis que l'Espagne a évoqué « l'augmentation de la répression contre la population civile ».

L'Union européenne (UE) a pour sa part fait savoir qu'elle n'a pas l'intention de rappeler le chef de sa délégation en Syrie. « Nous pensons qu'il est important de conserver nos représentants sur place, car il n'y a pas de presse libre » pour se tenir informé, a expliqué un porte-parole du service diplomatique de l'UE, Michael Mann.

Les 27 pays membres de l'UE étudient la possibilité de renforcer leurs sanctions contre le régime du président Al-Assad. Selon des diplomates européens consultés par l'Agence France-Presse, les Ving-Sept pourraient s'en prendre aux transactions de la banque centrale syrienne et aux ventes d'or et de métaux précieux.

Ottawa a annoncé lundi qu'il n'a pas l'intention d'imiter Washington et de rappeler son ambassadeur en Syrie, comme le réclame le Nouveau Parti démocratique.

De son côté, la Turquie a annoncé une nouvelle initiative avec les pays opposés au régime syrien. Au cours des derniers jours, la France a aussi évoqué l'idée de constituer un « groupe des amis du peuple syrien ».

« Nous allons lancer une nouvelle initiative avec les pays qui se dressent aux côtés du peuple, non du gouvernement syrien. Nous préparons cela », a dit le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan. « Ce qui s'est produit aux Nations unies en relation avec la Syrie est un fiasco pour le monde civilisé. »

La Russie et la Chine ont opposé samedi leur veto à un projet de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU qui aurait soutenu le plan de la Ligue arabe appelant au départ du président Al-Assad et à la formation d'un gouvernement d'union nationale avant la tenue d'élections.

Aux États-Unis, le sénateur républicain John McCain a soutenu mardi que l'administration Obama devrait « commencer à envisager toutes les options, y compris celle consistant à armer l'opposition ».

Le président Bachar Al-Assad a reçu le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, mardi, à Damas.

Photo: La Presse Canadienne /AP/STR

Le président Bachar Al-Assad a reçu le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, mardi, à Damas.

Damas accueille le ministre russe des Affaires étrangères

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, s'est rendu à Damas, où il dit avoir eu une rencontre « très utile » avec le président Al-Assad. Selon lui, le chef d'État syrien va annoncer prochainement la date d'un référendum sur une nouvelle constitution en Syrie.

« Le président Al-Assad a dit que dans les jours à venir il allait rencontrer la commission qui a rédigé le projet de nouvelle constitution. Le travail est terminé, et désormais le calendrier pour le référendum sur ce document très important pour la Syrie doit être annoncé », a dit M. Lavrov.

Le président Al-Assad avait annoncé le 10 janvier qu'un référendum sur une nouvelle constitution syrienne aurait lieu au début du mois de mars.

Bachar Al-Assad « est totalement déterminé à mettre fin aux violences, d'où qu'elles viennent », a affirmé M. Lavrov, selon des propos rapportés par Interfax. « La Syrie va informer la Ligue arabe qu'elle est intéressée à la poursuite du travail de la mission de la Ligue et à en renforcer les effectifs. »

La Ligue arabe a suspendu sa mission le 28 janvier, en raison de la persistance des violences sur le terrain. Ce retrait est à l'origine de la décision de la Ligue de saisir le Conseil de sécurité de l'ONU du dossier.

Le président syrien Bachar Al-Assad a réitéré peu après « la détermination de la Syrie à coopérer à tout effort pour renforcer la stabilité dans le pays », selon des propos rapportés par l'agence Sana. Il a ajouté que « la Syrie s'est conformée au plan de la Ligue arabe adoptée le 2 novembre » pour sortir de la crise.

Le ministre Lavrov a été accueilli par des milliers de personnes venues « remercier » Moscou pour son veto à l'ONU. « Merci la Russie! Merci la Chine », scandait la foule.

Photo: Muzaffar Salman

Le ministre Lavrov a été accueilli par des milliers de personnes venues « remercier » Moscou pour son veto à l'ONU. « Merci la Russie! Merci la Chine », scandait la foule.

Pas de répit pour Homs

Au moins 21 civils ont été tués mardi en Syrie, dont 15 dans des bombardements par les forces du régime dans la ville de Homs, selon un bilan fourni par l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Selon le groupe d'opposants basé à Londres, 9 civils de Homs ont été tués dans « des tirs, des bombardements et la tentative d'assaut sur le quartier de Khalidiyé », tandis que 6 autres sont morts dans des violences similaires dans le quartier de Baba Amr.

L'OSDH rapporte en outre que quatre militaires qui tentaient de prendre d'assaut Khalidiyé ont été tués par un groupe de déserteurs.

Mardi matin, des tirs nourris de mitrailleuse ainsi que des tirs d'obus étaient entendus dans les quartiers de Baba Amr, d'Inchaat et de Joubar.

« Le bombardement se concentre à nouveau sur [le quartier sud de] Baba Amr. Un médecin a essayé d'y aller ce matin, mais j'ai entendu dire qu'il avait été blessé », a déclaré Mohammad Al-Hassan, un militant d'opposition joint par Reuters par téléphone satellitaire.

« Il n'y a pas d'électricité et toutes les communications avec le quartier ont été coupées », a-t-il ajouté.

Selon l'OSDH, 98 personnes sont mortes dans des violences sur l'ensemble du territoire syrien lundi, dont 69 qui ont été tuées dans des bombardements sur des quartiers de la ville de Homs et sur les localités de Rastane, de Qousseir et de Houla.

Le ministère syrien de l'Intérieur affirme que « les opérations de poursuite des groupes terroristes continueront jusqu'à ce que la sécurité et l'ordre soient rétablis dans tous les quartiers de la ville de Homs et sa province et que toute personne armée qui terrorise les citoyens et met leur vie en péril soit vaincue », selon un communiqué diffusé par l'agence officielle Sana.

Radio-Canada.ca avecAgence France Presse, Presse canadienne et Reuters

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