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Mahmoud Abbas à la tête d'un gouvernement palestinien de transition

Mise à jour le lundi 6 février 2012 à 11 h 36 HAE

Mahmoud Abbas à la tête d'un gouvernement palestinien de transition

Mahmoud Abbas

Photo: AFP/ABBAS MOMANI

Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, dirigera un cabinet de transition en vue de préparer les prochaines élections présidentielles dans la bande de Gaza et en Cisjordanie.

C'est du moins ce que stipulent les termes d'un accord signé lundi à Doha, au Qatar, par Mahmoud Abbas et le chef du mouvement islamiste Hamas, Khaled Mechaal, qui contrôle la bande de Gaza depuis l'élection de janvier 2006.

Ce nouveau rapprochement entre l'Autorité palestinienne et le Hamas pour tenter de réunifier les deux territoires palestiniens a été conduit sous les auspices de l'émir du Qatar, Hamad ben Khalifa Al-Thani.

L'accord stipule la formation d'un gouvernement d'entente nationale formé de technocrates indépendants pour faciliter la tenue d'élections présidentielles et législatives et entamer la reconstruction de la bande de Gaza. La composition de ce gouvernement de transition doit être divulguée le 18 février prochain, au Caire.

Le document signé lundi ne fait cependant pas mention de la date à laquelle les prochaines élections présidentielles doivent avoir lieu. Le scrutin avait été prévu en mai 2012, selon un accord de réconciliation antérieur conclu au Caire en avril 2011, mais les pourparlers piétinaient depuis.

Selon les termes de l'accord paraphé lundi à Doha, tous les mouvements palestiniens, y compris le Hamas et le Djihad islamique, pourront participer au scrutin.

Nétanyahou mécontent, l'UE pose des conditions

Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a immédiatement réagi à la signature de l'accord. Il a réaffirmé que M. Abbas devait choisir entre la réconciliation avec le Hamas et la paix avec Israël.

« Si Abou Mazen [Mahmoud Abbas, NDLR] applique ce qui a été signé à Doha, il choisit d'abandonner le chemin de la paix pour se joindre au Hamas », a-t-il déclaré lors d'une réunion avec les ministres de son parti, le Likoud.

De son côté, l'Union européenne (l'UE) a salué l'accord tout en posant ses conditions. L'UE a indiqué que l'aide financière européenne aux Palestiniens était liée au respect des principes de non-violence.

L'UE veut que le nouveau gouvernement palestinien « respecte le principe de la non-violence, reste attaché à parvenir à une solution à deux États, à un règlement pacifique négocié du conflit israélo-palestinien et accepte les accords et les obligations antérieurs, y compris le droit légitime d'Israël à exister », a souligné Michael Mann, porte-parole de la chef de la diplomatie de l'UE, Catherine Ashton.

Six ans sans élections

La dernière élection en territoire palestinien a eu lieu en janvier 2006. L'exercice démocratique s'était soldé par une victoire du mouvement islamiste Hamas.

Les relations entre le nouveau gouvernement du Hamas et les membres du Fatah, leurs principaux opposants politiques, se sont cependant rapidement détériorées dans les mois qui ont suivi l'élection.

Les tensions ont culminé en juin 2007, lorsque les forces armées du Hamas ont pris le contrôle total de la bande de Gaza en chassant les partisans du Fatah par la force.

Depuis, le Hamas exerce seul le contrôle politique de la bande de Gaza, qui demeure isolée par le blocus israélien. L'Autorité palestinienne, que dirige Mahmoud Abbas, ne gouverne quant à elle que la Cisjordanie.

Plusieurs efforts ont été déployés depuis six ans dans le monde arabe pour tenter de réunifier pacifiquement les deux territoires, mais sans succès.

Radio-Canada.ca avecAgence France Presse et Agence France Presse

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