Logo Radio-Canada

En profondeur

L'ONU doit écarter toute intervention militaire en Syrie, avertit Moscou

Mise à jour le mercredi 1 février 2012 à 8 h 27 HAE

L'ONU doit écarter toute intervention militaire en Syrie, avertit Moscou

Manifestation pro-Assad à Moscou

Photo: AFP/NATALIA KOLESNIKOVA

Une manifestation pro-Assad devant l'ambassade syrienne à Moscou, le 1er février 2012.

La Russie a menacé mercredi d'opposer son veto à une résolution de l'ONU appelant au départ du président syrien Bachar Al-Assad si le texte n'inclut pas le rejet explicite d'une intervention militaire dans le pays.

Cette déclaration de l'ambassadeur de Russie auprès de l'Union européenne, Vladimir Tchijov, intervient au lendemain d'une offensive diplomatique à New York au cours de laquelle la Ligue arabe et le Qatar ont pressé le Conseil de sécurité de l'ONU d'appuyer leur plan de sortie de crise pour mettre fin aux violences en Syrie.

« Une chose importante manque [dans le plan] : une clause claire écartant la possibilité que cette résolution puisse être utilisée pour justifier une intervention militaire de la Syrie. Pour cette raison, je ne vois pas comment le projet pourrait être adopté », a déclaré l'émissaire russe.

Les discussions se poursuivent à l'ONU, mais un vote sur la question syrienne semble encore lointain.

« On entreprend actuellement des efforts pour trouver un texte acceptable pour tout le monde, qui contribuerait à un règlement politique en Syrie. C'est pourquoi il n'y aura aucun vote dans les jours qui viennent », a déclaré mercredi le vice-ministre russe des Affaires étrangères Guennadi Gatilov, cité par l'agence Interfax.

Le Qatar, la France et la Grande-Bretagne ont exprimé leur opposition à une intervention militaire à la libyenne, mais Moscou n'est pas en voie de se contenter d'une promesse verbale, à l'instar de Pékin, également opposé au recours à la force.

Offensive de l'armée syrienne

Sur le terrain, les combats entre l'armée gouvernementale et l'Armée syrienne libre (ASL), composée de déserteurs, se rapprochent de la capitale, Damas.

L'armée syrienne aurait lancé une offensive dans la nuit de mardi à mercredi pour chasser les rebelles de l'ASL positionnés près de la capitale.

Les soldats auraient pris le contrôle de Rankous et bombardé le village de Telfita, selon l'opposition. Quatre rebelles auraient été tués à Wadi Barada dans un bombardement, une information qui n'a pas été confirmée de source indépendante.

Des violences ont également été rapportées par des militants dans le quartier de Baba Amr à Homs, l'un des bastions de l'insurrection.

Le Qatar demande au Conseil de sécurité d'arrêter la « machine à tuer »

Les 15 membres permanents du Conseil de sécurité, le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil Al-Arabi, et le premier ministre qatari, le cheikh Hamad Ben Jassem Al-Thani, se sont réunis mardi à New York pour discuter du nouveau projet arabe de sortie de crise en Syrie. La résolution prévoit le transfert des pouvoirs du président Al-Assad à son vice-président, et l'ouverture de négociations avec les opposants au régime.

Signe de l'importance de la rencontre, Hillary Clinton, Alain Juppé et William Hague, respectivement ministres des Affaires étrangères des États-Unis, de la France et de la Grande-Bretagne, étaient tous présents pour donner leur appui au plan de la Ligue arabe.

Dès l'ouverture de la réunion, le premier ministre qatari a donné le ton en demandant au Conseil de sécurité d'agir pour arrêter la « machine à tuer » du régime syrien et mettre fin à une « tragédie humanitaire ».

Le secrétaire général de la Ligue arabe a enchaîné en exhortant le Conseil à prendre des « mesures rapides et décisives ».

Nabil Al-Arabi a précisé que les pays arabes voulaient éviter une intervention militaire étrangère dans la crise syrienne, une déclaration qui semble vouloir apaiser les craintes de Moscou. Le premier ministre qatari a proposé au Conseil de sécurité de privilégier des mesures qui feraient pression économiquement sur le régime syrien.

Prenant la parole par la suite, la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton a estimé que l'inaction du Conseil de sécurité affaiblissait la « crédibilité » de l'ONU. Elle a également voulu se faire rassurante au sujet d'une possible intervention militaire, estimant qu'il n'y avait pas à craindre que la Syrie devienne une nouvelle Libye.

Le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a pour sa part appelé le Conseil de sécurité de l'ONU à sortir de son « silence scandaleux » sur la Syrie en adoptant une résolution soutenant les initiatives de la Ligue arabe. Il s'est montré positif au sortir de la rencontre, soulignant qu'il restait « une chance » de trouver un compromis avec Moscou « au cours des prochains jours ».

Selon les diplomates, aucun vote n'était prévu au cours de la réunion de mardi.

Le Canada dénonce le massacre des civils en Syrie

Le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, a dénoncé mardi le massacre des civils innocents en Syrie, ajoutant que le temps est maintenant venu pour le Conseil de sécurité de l'ONU de s'attaquer à cette situation qui ne cesse de se détériorer.

Le ministre Baird a d'ailleurs exhorté les Canadiens se trouvant toujours en Syrie à quitter le territoire. Il a ajouté que le personnel de l'ambassade canadienne à Damas avait été réduit au strict minimum.

Des Syriens portent les cercueils de civils tués dans les violences qui ont fait une centaine de morts la veille.

Photo: Reuters

Des Syriens portent les cercueils de civils tués dans les violences qui ont fait une centaine de morts lundi.

Radio-Canada.ca avecAgence France Presse, Reuters et Associated Press

En profondeur
Monde arabe : les fondements du régime syrien

Minorité alaouite, parti Baas, services de sécurité : explications sur les trois piliers du régime syrien

Fil international en continu

Mis à jour il y a 1 heure 21 minutes

Correspondants à l'étranger

1 3 5

À ne pas manquer

1 2 3

En profondeur