Syrie : le régime Assad sous le poids des sanctions

Un jeune syrien vend de l'essence dans un quartier de Damas. Un jeune syrien vend de l'essence dans un quartier de Damas   © AFP/STR

Les sanctions économiques décidées par les puissances occidentales d'abord et par les pays arabes par la suite ont porté un sérieux coup à l'économie du pays et au niveau de vie des Syriens.

De l'aveu même du ministre syrien de l'Économie Mohamad Nedar Al-Chaar, la Syrie fait face à « la pire crise dans l'histoire récente » du pays.

Comme premier résultat des sanctions, les exportations ont chuté de 20 % et les importations de 40 %, ce qui a réduit les revenus douaniers du pays.

En novembre, les réserves de devises étrangères du pays sont passées de 17 milliards à 12 milliards de dollars.

Les sanctions européennes et américaines ont touché essentiellement les secteurs des hydrocarbures et des banques. Le résultat s'est fait sentir immédiatement : la production de pétrole est passée de 340 000 barils à 120 000 barils par jour.

Les revenus pétroliers représentent 27,8 % des recettes de l'État.

Quand les pays de la Ligue arabe ont décidé de sanctionner à leur tour le régime syrien, les pays frontaliers comme l'Irak, le Liban et la Jordanie n'ont pas adhéré.

La Ligue arabe a décidé de geler toutes les transactions commerciales avec le gouvernement à l'exception des produits vitaux.

La Ligue avait également gelé les comptes bancaires du gouvernement syrien. Mais cette décision n'a pas eu l'effet escompté, car Damas avait retiré 95 % à 96 % de ses avoirs dans les banques arabes, selon le ministre des Affaires étrangères Walid El-Mouallem.

Un syrien transportant une bonbonne de gaz près de Damas Un syrien transportant une bonbonne de gaz près de Damas   © AFP/STR

Les sanctions des pays arabes auraient pu porter un coup fatal au régime syrien. La moitié des exportations et le quart des importations se font avec ces pays. Mais les réticences de l'Irak et du Liban ont permis au régime de respirer, car 31 % des marchandises syriennes vont en Irak et 12 % sont exportées au Liban.

Cependant les sanctions ont eu un impact sur le tourisme et les services, dont les revenus représentent 12 % du produit intérieur brut (PIB).

Mais c'est la population syrienne qui, en plus de la répression qu'elle subit, a payé les conséquences de ces sanctions. En l'absence d'investissement et en raison de la suspension de plusieurs projets, le taux de chômage a augmenté considérablement.

Les prix à la consommation ont bondi en quelques mois. À titre d'exemple, le prix de la bonbonne de gaz, utilisée pour le chauffage, est passé de 5 $ à 20 $.

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