La sécurité a été renforcée à Dakar après les heurts
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AFP/SEYLLOU
Au Sénégal, l'opposition s'organise et appelle la population à la résistance après la décision du président Abdoulaye Wade de briguer un troisième mandat.
La coalition M23, qui représente des opposants politiques et civils, affirme que le Conseil constitutionnel a trahi le peuple en validant la candidature de M. Wade.
Elle souligne qu'« une page noire vient d'être écrite dans l'histoire de notre pays par la décision ». « Nous demandons à la population de rester vigilante et de résister à Abdoulaye Wade, » a déclaré Abdoul Aziz Diop, porte-parole du M23.
Dans la nuit de vendredi à samedi, des heurts ont éclaté après que le Conseil constitutionnel eut autorisé M. Wade à briguer un troisième mandat malgré la constitution qui limite les mandats présidentiels à deux. Les émeutes ont fait un mort parmi les policiers, selon le ministère de l'Intérieur. Samedi soir, un calme précaire régnait dans les rues de Dakar, mais la sécurité a été renforcée près du palais présidentiel.
Youssou N'Dour dénonce un « complot »
La candidature du populaire chanteur et homme d'affaires Youssou N'Dour a en revanche été rejetée.
« C'est un complot. Ces gens au pouvoir ont peur de cette candidature », a-t-il dit en ajoutant que ses avocats ont déposé un recours sur les manquements présumés du Conseil constitutionnel.
Pour sa part, Abdoulaye Wade s'est adressé à la nation dans un discours, appelant à « cesser ces manifestations de mauvaise humeur qui ne conduisent à rien ». « Je n'ai rien demandé, que la loi. Et c'est la loi qui a été exprimée », a-t-il fait valoir, cité par l'agence de presse officielle.
Il affirme que son premier mandat ne compte pas puisque l'amendement constitutionnel est entré en vigueur en 2001. Abdoulaye Wade, 85 ans, est arrivé au pouvoir en 2000. Il a été réélu en 2007.
Ses détracteurs lui reprochent de ne pas avoir suffisamment lutté contre la pauvreté et la corruption.
Vendredi soir, le Conseil constitutionnel a aussi validé la candidature de 13 autres personnalités pour le premier tour de l'élection présidentielle prévu le 26 février.