![]() Mise à jour le dimanche 29 janvier 2012 à 2 h 40 HAE La Ligue arabe suspend sa mission d'observation en Syrie
La Ligue arabe a suspendu sa mission d'observateurs en Syrie en raison de l'escalade de la violence dans le pays, a annoncé l'organisation dans un communiqué samedi. « Il a été décidé d'interrompre avec effet immédiat les travaux de la mission de la Ligue arabe en Syrie, en l'attente de l'exposé de la situation devant le conseil de la Ligue », a déclaré le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil Al-Arabi. Les 165 observateurs, déployés depuis le 26 décembre, n'ont toutefois pas l'intention de quitter le pays, même s'ils cessent leurs activités. Leur mission est de veiller à l'application du plan de sortie de crise. Celui-ci prévoit l'arrêt des violences, la libération des détenus, le retrait de l'armée des villes et l'amorce d'un dialogue entre le pouvoir et l'opposition. Selon des bilans officiels et des chiffres de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDM), les violences auraient fait au moins 193 morts depuis mardi. La journée de vendredi a été particulièrement sanglante avec 56 morts, dont 44 civils, dans plusieurs régions de la Syrie, a rapporté l'OSDM. « Les forces de sécurité sont déterminées à aller de l'avant pour rétablir l'ordre et la sécurité et nettoyer le territoire des hors-la-loi [...] Ces hors-la-loi terrorisent et tuent des citoyens innocents, déstabilisent la sécurité du pays, mais leurs crimes n'empêcheront pas nos forces de sécurité de faire leur devoir », a soutenu le ministre syrien de l'Intérieur, Mohammad Ibrahim Al-Chaar, cité par l'agence officielle Sana. Après plus de 10 mois de révolte et de violence dans le pays, « l a Syrie restera forte face aux complots des États-Unis, d'Israël et de leurs alliés », a précisé le ministre. Un projet qui divise le Conseil de sécurité C'est dans ce climat de violence que des pays européens et arabes ont présenté vendredi au Conseil de sécurité de l'ONU un nouveau projet de résolution, qui demande notamment le départ du pouvoir du président Bachar Al-Assad. Ce projet a aussitôt été rejeté par la Russie. Le nouveau projet, initiative de la France, de la Grande-Bretagne et de l'Allemagne, avec plusieurs pays arabes, a été officiellement mis sur la table par le Maroc. « Nous avons une chance aujourd'hui d'ouvrir un nouveau chapitre sur la Syrie », a déclaré l'ambassadeur allemand Peter Wittig. Il faisait référence au blocage de précédentes résolutions au Conseil depuis le début de la crise en Syrie. L'opposition vient principalement de la Chine et de la Russie. Moscou ne peut « soutenir aucune résolution du Conseil de sécurité de l'ONU demandant le départ d'Al-Assad », selon les propos du vice-ministre des Affaires étrangères Guennadi Gatilov. Appel à la manifestation Le Conseil national syrien (CNS) qui regroupe la plupart des courants d'opposition a demandé au Conseil de sécurité de condamner « les crimes du régime » et de « s'engager à juger les criminels ». Il a aussi demandé à la communauté internationale d'« assurer une protection internationale » aux civils. L'opposition syrienne a par ailleurs appelé à manifester dimanche devant les ambassades et les consulats russes un peu partout dans le monde, afin de protester contre le rejet de Moscou du projet de résolution de l'ONU. « Nous appelons tous les Syriens à l'étranger à montrer leur solidarité (...) en protestant contre la position de la Russie par la tenue de sit-in devant les ambassades du régime [syrien], les consulats russes et les centres de l'ONU demain dimanche à 14 h de leur heure locale », a déclaré Samir Neshar, membre du comité exécutif du CNS. La protection de l'ONU est réclamée Le Conseil national syrien demandera la protection du Conseil de sécurité de l'ONU contre la répression du régime du président Bachar Al-Assad. Lors d'une conférence de presse à Istanbul, M. Neshar a affirmé que le CNS « a décidé de se rendre dimanche devant le Conseil de sécurité, sous la direction de Bourhan Ghalioun, pour présenter l'affaire syrienne et exiger une protection ». Depuis la mi-mars, les violences en Syrie, déchirée entre contestation et répression, ont fait plus de 5000 morts, selon l'ONU. Radio-Canada.ca avecReuters et Agence France Presse Fil international en continuMis à jour il y a 20 minutesCorrespondants à l'étranger
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