![]() Mise à jour le vendredi 27 janvier 2012 à 13 h 21 HAE Des milliers d'Égyptiens réclament le départ de l'armée
Au lendemain des festivités marquant le premier anniversaire de la révolution égyptienne, des milliers d'Égyptiens se sont rassemblés vendredi à l'emblématique place Tahrir, au Caire. Les manifestants ont répondu à l'appel de plusieurs groupes politiques qui réclament inlassablement le départ des militaires du pouvoir. Après la prière hebdomadaire du vendredi, des dizaines de milliers de personnes ont convergé vers la place scandant « À bas le pouvoir militaire ! » Sur la place Tahrir, des milliers d'Égyptiens, de leur côté, ont accompli la prière du vendredi. L'imam qui a conduit la prière, le Cheikh Mazhar Mazhar Shahin, a affirmé dans son prêche que si la révolte avait conduit à des réalisations notables, le chemin vers un État démocratique était encore long. « [Le peuple] a réussi à faire tomber la tête du régime en seulement 18 jours et à mettre des symboles derrière les barreaux. Néanmoins, la révolution n'a pas atteint tous ses objectifs et c'est ce qui conduit le peuple à descendre de nouveau dans la rue pour ce premier anniversaire », a-t-il dit. La journée de vendredi a été placée sous le slogan « De la fierté et de la dignité » par les groupes pro-démocratie qui ont appelé à la mobilisation. Des manifestations ont lieu dans d'autres villes du pays, en particulier à Alexandrie (nord) et à Suez (nord-est). Les Frères musulmans, grands vainqueurs des récentes élections législatives, occupaient une partie de la place Tahrir, où l'ambiance était plutôt à la fête. Plus loin, les slogans étaient résolument contre le pouvoir militaire, et nettement moins euphoriques. « Aucun des objectifs de la révolution n'a été réalisé. Qu'est-ce qu'ils fêtent? », s'interrogeait Fahd Ibrahim, un manifestant. « Le conseil militaire commet les mêmes abus que Moubarak. Je ne ressens aucun changement. Le conseil militaire mène une contre-révolution », a pour sa part dénoncé Samer Qabil, un étudiant de 23 ans. Les manifestants réclament la fin du recours à des tribunaux militaires pour juger des civils, une restructuration du ministère de l'Intérieur et le respect des libertés et de la justice sociale. Mais les islamistes insistaient moins sur le départ des militaires du pouvoir. L'armée a promis de rendre le pouvoir aux civils à l'issue d'une élection présidentielle prévue avant juillet, mais nombre d'Égyptiens l'accusent de vouloir préserver ses privilèges et de continuer à influencer la vie politique. Tension entre les militaires et Washington Les relations entre l'administration américaine et les généraux égyptiens sont tendues. Deux ONG qui font la promotion de la démocratie - financées par des fonds américains - ont annoncé jeudi que l'on avait interdit à dix de leurs employés de quitter l'Égypte, ce que l'une d'elles a qualifié de « détention de facto ». Parmi ces employés que les autorités égyptiennes refusent de laisser partir figure Sam LaHood, fils de Ray LaHood, secrétaire aux Transports du président américain Barack Obama. Ces interdictions de quitter l'Égypte font suite aux perquisitions effectuées en décembre dans les locaux de certaines ONG présentes en Égypte. Les États-Unis avaient alors vivement réagi et le Conseil suprême des forces armées avait répondu qu'il n'inquiéterait plus les ONG. L'ambassade syrienne attaquéeDes opposants au régime du président syrien Bachar Al-Assad ont attaqué vendredi l'ambassade de Syrie au Caire. Radio-Canada.ca avecAgence France Presse et Reuters Fil international en continuMis à jour il y a 4 heures 54 minutesCorrespondants à l'étranger
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