Le président Obama signant le projet de loi, le 22 mars 2010.
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AFP/MANDEL NGAN
À moins d'un an de l'élection présidentielle américaine, la réforme de l'assurance maladie du président Barack Obama divise plus que jamais les démocrates et les républicains. Deux ans après son entrée en vigueur, la Loi sur des soins de santé abordables demeure la plus grande victoire législative du président américain, mais aussi la plus contestée.
Promulguée le 22 mars 2010 après de dures négociations, la loi étendra la couverture médicale à 95 % de la population américaine. D'ici 2019, la réforme doit permettre à 32 millions d'Américains non couverts de se procurer une assurance-maladie. L'accès au régime public Medicaid sera élargi, et la majorité des employeurs seront tenus d'offrir une assurance à leur personnel, avec l'aide de mesures fiscales dans certains cas. De leur côté, les assureurs ne pourront plus refuser d'assurer quelqu'un en raison de son état de santé.
Deux ans plus tard, la réforme de la santé du président Obama affiche un bilan mitigé. Selon un rapport de l'institut Gallup en novembre dernier, 17,3 % des adultes américains n'étaient pas assurés au troisième trimestre 2011, un record. Bien que nombre de dispositions du nouveau projet de loi n'entreront en vigueur qu'en 2014, celles qui le sont semblent peu toucher les adultes non couverts, constate Gallup.
Le président Obama doit également rallier les sceptiques. La réforme de la santé divise toujours profondément les Américains. Elle est aussi décriée par l'opposition républicaine, dont les membres ont sans exception voté contre la loi, autant à la Chambre des représentants qu'au Sénat. Arguant l'inconstitutionnalité de la réforme, les républicains y voient une prise de contrôle du système de la santé par le gouvernement fédéral.
Après une tentative républicaine infructueuse pour abroger la réforme de la santé début 2011, la bataille se poursuit sur le terrain judiciaire. La loi est cette fois attaquée par 26 États, qui réclament qu'elle soit révoquée dans son ensemble. La Cour suprême des États-Unis, qui s'est saisie du dossier, devra notamment déterminer si le Congrès a outrepassé ses pouvoirs en obligeant tous les Américains à avoir une assurance. Pour plusieurs analystes, la décision du tribunal pourrait peser sur le scrutin de novembre.
Présidentielle 2012 : la santé au coeur des débats
Le thème de la santé sera en effet central à l'élection présidentielle. La plupart des candidats à l'investiture républicaine promettent d'abroger la loi et de la remplacer par une réforme axée sur le marché. Certains appuient par exemple l'idée de permettre aux citoyens de souscrire une assurance-maladie vendue dans un autre État que celui où ils résident.
Aujourd'hui hanté par son passé, le favori Mitt Romney, le même qui a promulgué sa propre réforme de la santé au Massachusetts alors qu'il était gouverneur et qui a en grande partie inspiré le plan d'Obama, promet aussi de remplacer la réforme fédérale.
Depuis qu'il a signé le projet de loi, Barack Obama a déjà laissé tomber une de ses composantes : le programme CLASS, censé permettre aux Américains de souscrire à une assurance de soins de longue durée à partir de 2012. Le président américain a en outre déclaré, le mois dernier, qu'il laisserait aux États, plutôt qu'au gouvernement fédéral, le soin de définir un ensemble de prestations de santé qui doivent être fournies par les assureurs. Cette volte-face de l'administration est interprétée comme un geste de conciliation.
Le président américain jure néanmoins qu'il n'abandonnera pas son projet, ce qu'il a réitéré mardi dans son discours sur l'état de l'Union.
« Je ne retournerai pas à l'époque où les compagnies d'assurance avaient un pouvoir illimité d'annuler votre contrat, de vous refuser une couverture, ou de faire payer les femmes différemment des hommes », a-t-il déclaré.