Cette photo d'avril 2009 montre des Iraniens travaillant dans une usine de production d'uranium.
Photo : PC/AP/Vahid Salemi
Les activités d'enrichissement d'uranium ont commencé en Iran dans le nouveau site de Fordo, sous la supervision de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), a affirmé lundi le représentant de l'Iran auprès de cette organisation, Ali Asghar Soltanieh.
Il s'agit de la première annonce par Téhéran d'opérations d'enrichissement à Fordo, situé à 150 km au sud-ouest de Téhéran et enfoui sous une montagne, ce qui rend toute attaque contre ce site difficile.
« Toutes les activités nucléaires, notamment l'enrichissement d'uranium à Natanz et à Fordo, sont supervisées par l'AIEA », a déclaré M. Soltanieh à la chaîne de télévision iranienne en langue arabe Al-Alam.
L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a confirmé l'information. « L'AIEA peut confirmer que l'Iran a commencé la production d'uranium enrichi jusqu'à 20 % [...] sur le site d'enrichissement de Fordo », a-t-elle indiqué dans un communiqué.
Samedi, le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA), Fereydoun Abbassi Davani, avait annoncé l'inauguration prochaine du site de Fordo.
« Le site d'enrichissement de Fordo sera inauguré prochainement et nous avons la capacité d'y faire de l'enrichissement d'uranium à 20 %, à 3,5 % et à 4 % », avait-il déclaré, cité par l'agence Mehr.
« Le site de Fordo, tout comme celui de Natanz, a été conçu de telle sorte que l'ennemi ne peut pas le détruire », avait-il précisé.
L'Iran assure que l'enrichissement à 20 % est destiné à produire du combustible pour le réacteur de recherche de Téhéran. En février 2010, l'Iran annonçait avoir produit son premier lot d'uranium enrichi à 20 % dans ses installations de Natanz, dans le centre du pays.
Parallèlement, l'ayatollah Ali Khamenei a assuré que la République islamique ne céderait pas aux pressions occidentales visant à la faire renoncer à son programme nucléaire.
L'enrichissement d'uranium est au coeur du conflit opposant depuis plusieurs années l'Iran à la communauté internationale, qui craint que le programme nucléaire iranien n'ait des objectifs militaires en dépit des démentis répétées de Téhéran.
Le Conseil de sécurité de l'ONU a déjà voté six résolutions, dont quatre assorties de sanctions, pour contraindre la République islamique à suspendre ses activités d'enrichissement.
Le président américain Barack Obama a annoncé récemment une nouvelle loi sanctionnant les institutions financières qui traitent avec la banque centrale iranienne.
L'uranium enrichi à moins de 20 % est utilisé uniquement à des fins civiles, mais si l'enrichissement est poussé à plus de 90 %, il peut servir à fabriquer l'arme atomique.
Rappelons que l'Iran a effectué début janvier des manoeuvres militaires dans la région du détroit d'Ormuz, provoquant de nouvelles tensions diplomatiques.