Un camp de réfugiés en Haïti
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Paule Robitaille
Malgré l'aide reçue depuis le séisme du 12 janvier 2010, bien du travail reste à faire, constatent les organisations humanitaires sur le terrain.
En conférence de presse jeudi matin, la Coalition humanitaire a fait le point sur la situation, deux après le séisme qui a fait plus de 300 000 morts et davantage de blessés.
Du côté des nouvelles encourageantes, les ONG estiment que près de la moitié des débris ont été dégagés. À titre de comparaison, Claude St-Pierre, d'Oxfam-Québec, rappelle qu'il a fallu 10 ans pour tout dégager après le séisme de Kobe, au Japon, où les infrastructures étaient pourtant bien plus développées qu'en Haïti. De plus, plus d'un million de personnes qui étaient dans les camps temporaires ont été déménagées dans de nouveaux abris.
Cette année, même les enfants dans les camps sont de retour à l'école et dans l'ensemble, et Port-au-Prince est plus sécuritaire, note Jean-Pierre Chicoine, coordonnateur humanitaire pour Haïti auprès d'Oxfam-Québec.
Après plus d'un an d'aide d'urgence, compliqué par des institutions politiques déficientes et une épidémie de choléra, les organismes humanitaires s'affairent à stimuler les projets de développement depuis déjà quelques mois.
Reste qu'environ 500 000 Haïtiens sont toujours dans près de 700 camps, et que les ressources diminuent. Certains organismes ont quitté les lieux après avoir fourni une aide ponctuelle, et ceux ayant des mandats à plus long terme ont de moins en moins d'argent.
Par exemple, Oxfam-International, qui a reçu 106 millions de dollars pour venir en aide aux Haïtiens, n'a plus que 10 millions dans ses coffres. L'organisme prend courage dans le fait de savoir que l'aide d'urgence a coûté beaucoup plus cher que ne peut coûter l'aide au développement.
Le défi est donc de prévoir le développement à long terme, en comptant à la fois sur l'aide de la communauté internationale et sur celle des institutions haïtiennes. C'est notamment le cas pour l'inspection des écoles, qui se fait en collaboration avec les établissements eux-mêmes, indique Diana Gee-Silverman, de l'organisme Plan Canada.
La Coalition humanitaire regroupe Oxfam-Québec, Oxfam-Canada, Plan, Care et Aide à l'enfance. Monique Morazin, de l'Aide à l'enfance soutient qu'il faut passer d'une aide d'urgence à l'aide au développement.
Pour les sismologues, la cause de cette catastrophe naturelle a d'abord semblé évidente, mais des travaux sur le terrain leur ont révélé que la réalité était différente de ce qu'ils pensaient. Voici ce qu'ont recueilli sur place les journalistes de Découverte. Une émission spéciale sur Haïti sera présentée le dimanche 8 janvier, à 18 h 30, heure de l'Est, à la télévision de Radio-Canada.