Des manifestants ont brandi des pancartes invitant Vladimir Poutine à quitter le pouvoir.
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PC/Mikhail Metzel
Des dizaines de milliers de manifestants russes ont poursuivi samedi leur mouvement de contestation des résultats des élections législatives du 4 décembre dernier, remportées par le parti du premier ministre et candidat à la présidentielle de 2012 Vladimir Poutine.
Selon la police de Moscou, quelque 29 000 personnes se sont rassemblées sur l'avenue Sakharov. Les organisateurs de la manifestation affirment plutôt que 120 000 personnes étaient présentes.
La manifestation a pris fin vers 17 h, heure locale, avec l'adoption d'une déclaration réclamant entre autres « des législatives anticipées » et « la libération des prisonniers politiques ». L'un des leaders du mouvement de contestation, Alexeï Navalny, a promis qu'un million de personnes seraient présentes lors du prochain rassemblement, dont la date n'a pas été annoncée.
Les manifestants, qui dénoncent des fraudes électorales, avaient déjà tenu des rassemblements, dont un, le 10 décembre dernier, avait réuni au moins 50 000 personnes.
En entrevue à RDI, la journaliste Ilana Moryoussef, sur place à Moscou, a expliqué qu'il s'agissait avant tout d'un mouvement d'opposition à Vladimir Poutine lui-même, rassemblant toutes les tendances politiques, de l'extrême droite à l'extrême gauche.
Mme Moryoussef a raconté que certains manifestants brandissaient des condoms gonflés comme des ballons, parce que le premier ministre russe a récemment comparé le ruban blanc porté par les manifestants à un préservatif.
Une autre pancarte montrait M. Poutine au côté du défunt dictateur libyen Mouammar Kadhafi, avec l'inscription « Camarade, tu es sur le bon chemin ». Une autre banderole demandait : « Poutine, quelle place veux-tu prendre dans l'histoire? »
L'écrivain Boris Akounine a pris la parole devant la foule pour dénoncer des propos tenus par Vladimir Poutine, la semaine dernière, qui comparait les opposants à des singes. À la question posée par M. Akounine : « Voulez-vous que Poutine soit de nouveau notre président? », la foule a répondu en coeur « Non! »
Des manifestations sur le même thème ont eu lieu dans une vingtaine d'autres villes russes. Le nombre de participants variait beaucoup d'un endroit à l'autre, atteignant notamment 4000 personnes à Saint-Pétersbourg, la deuxième ville du pays, et 2000 protestataires à Novossibirsk, en Sibérie.
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AFP/YURI KADOBNOV
Un ex-ministre démissionnaire présent à Moscou
L'ancien ministre des Finances Alexeï Koudrine s'est joint à la manifestation et a lancé un appel à un nouveau scrutin d'ici six mois.
M. Koudrine, que Vladimir Poutine appelait encore récemment son « ami », avait déclaré dans une lettre publiée sur le site du journal Kommersant, qu'il « partageait les sentiments négatifs » des opposants quant aux élections. Il donnait son appui à « l'organisation d'un dialogue concret entre la société civile et les autorités ».
« Il faut une plateforme de dialogue, sinon ce sera la révolution, sinon nous perdons la chance qui est devant nous pour un changement pacifique », a déclaré M. Koudrine devant les manifestants, samedi.
M. Koudrine, qui a permis à Vladimir Poutine d'obtenir son premier emploi au Kremlin en 1997, ne mentionnait le nom de l'actuel premier ministre qu'une seule fois dans la lettre, pour dire que M. Poutine est prêt à apporter du changement lors de la présidentielle du 4 mars prochain.
Alexeï Koudrine avait démissionné de son poste en septembre dernier, en raison d'un différend avec le président Dimitri Medvedev. Après que M. Poutine eut annoncé qu'il demanderait à M. Medvedev de reprendre son poste de premier ministre, advenant son élection à la présidence.
M. Koudrine, qui semblait convoiter le poste de premier ministre, avait déclaré qu'il ne participerait pas à un gouvernement dirigé par M. Medvedev. Celui-ci a alors demandé sa démission, ce à quoi M. Koudrine aurait répondu, sur un ton sarcastique : « Je vais vérifier auprès de M. Poutine. »
L'ex-président soviétique Mikhaïl Gorbatchev a de son côté appelé Vladimir Poutine à quitter le pouvoir.
« Il a déjà fait trois mandats : deux en tant que président (2000-2008), un en tant que premier ministre - trois mandats, ça suffit », a-t-il souligné M. Gorbatchev.
Le 7 décembre dernier, Mikhaïl Gorbatchev avait également demandé l'annulation des élections législatives.