Attaque de nature raciste contre une mosquée de Jérusalem

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse, Haaretz et Yediot Ahoronot
Des graffitis racistes ont été inscrits sur les murs de la mosquée. Des graffitis racistes ont été inscrits sur les murs de la mosquée.   © AFP/MARCO LONGARI

Une mosquée désaffectée de Jérusalem-Ouest a été attaquée par des vandales dans la nuit de mardi à mercredi. Des graffitis racistes peints sur les murs laissent croire qu'il s'agit d'une nouvelle attaque des milieux extrémistes juifs de droite. Une enquête est en cours.

Les vandales ont tenté de mettre le feu à la mosquée, qui aurait été construite à l'époque ayyoubide (XIIe siècle). Les dommages au bâtiment, actuellement utilisé comme entrepôt par la municipalité, seraient mineurs, mais les inscriptions sur le bâtiment n'en sont pas moins troublantes.

« Un bon Arabe est un Arabe mort », « Mahomet est un porc », pouvait-on notamment lire sur les murs du bâtiment. « Mitzpeh Yitzhar » et « Ramat Gilad », les noms de deux colonies juives illégales que le gouvernement israélien doit démanteler d'ici la fin de l'année, avaient aussi été inscrits.

On pouvait également y lire les mots « prix à payer », dans une référence à cette politique de représailles systématiques qui consiste à mener des attaques lorsque le gouvernement du premier ministre Benyamin Nétanyahou prend des mesures jugées hostiles à la colonisation.

Le maire de Jérusalem, Nir Barkat, a condamné cette attaque et a appelé au calme : « Nous devons faire preuve d'une tolérance zéro envers la violence sous toutes ses formes et continuer à maintenir la coexistence dans la ville ».

La fondation musulmane Al-Aqsa a condamné l'attaque contre la mosquée qui, dit-elle, était désaffectée depuis la création d'Israël, et que l'État hébreu refusait de restaurer. « Nous condamnons la tentative d'incendie de la mosquée et tenons Israël pour pleinement responsable de ce terrible crime et de toutes ses agressions contre nos lieux saints », a déclaré la Fondation dans un communiqué.

Des Israéliens habitant près de la mosquée dénoncent cette attaque. « Ce sont des fous qui tentent de déclencher une guerre religieuse dans la ville. J'espère que la population arabe comprend qu'il s'agit d'une minorité », a raconté un résident du voisinage au quotidien israélien Yediot Ahoronot.

Selon Haaretz, la mosquée Nebi Aksha aurait été construite à l'endroit où ont été enterrés des combattants de l'armée de Saladdin, qui a dirigé l'offensive ayant permis aux musulmans de reprendre le contrôle de Jérusalem au XIIe siècle. La tradition veut en outre qu'un ami du prophète, Aksha, y ait aussi été enterré.

Des colons violents

L'attaque se produit dans le contexte d'un regain de l'activisme des colons ultranationalistes et des milieux d'extrême droite. Plusieurs mosquées situées tant en Cisjordanie qu'en Israël ont été la cible d'attaques similaires depuis deux ans.

Bien que ces attaques soient systématiquement dénoncées par les autorités israéliennes, leurs auteurs n'ont quasiment jamais été traduits en justice.

Dans la nuit de lundi à mardi, une cinquantaine d'activistes ont investi une base militaire israélienne située près de Qalqilya, en Cisjordanie. Ils y ont notamment brûlé des véhicules militaires israéliens et attaqué le commandant d'une brigade et son adjoint à coups de pierres. Les militaires israéliens ont repoussé les assaillants, mais n'ont procédé à aucune arrestation.

Dans une entrevue à la radio militaire israélienne, le ministre de la Défense, Ehoud Barak, a dit mercredi que le gouvernement Nétanyahou devait déterminer si les groupes extrémistes de droite constitués de jeunes nés dans les colonies pouvaient être désignés comme une organisation terroriste.

M. Barak soutient qu'il n'y a aucun doute que ces groupes, désignés comme « les jeunes du sommet de la colline » agissent de manière à semer la terreur, mais qu'il faut déterminer comment ils peuvent être désignés sur le plan juridique.

Le ministre israélien de la Justice, Yaakov Neeman, doit faire des propositions en ce sens, rapporte Haaretz.

Rampe d'accès rouverte

Israël a rouvert mercredi la rampe utilisée par les non-musulmans pour accéder à l'esplanade des Mosquées de Jérusalem, ou le mont du Temple pour les juifs. La police israélienne affirme que des mesures de sécurité supplémentaires ont été mises en place.

Un véhicule de pompiers se trouve notamment sur place, et d'autres travaux seront aussi réalisés au cours des prochains jours pour s'assurer que la rampe est stable et à l'épreuve du feu.

Les autorités israéliennes avaient fermé la rampe dimanche en invoquant son caractère précaire. L'affaire a mis en colère les Palestiniens et la Jordanie, gardienne du site, qui y voyait un prélude à sa démolition.

Le Quartette à Jérusalem

Par ailleurs, les émissaires du Quartette pour le Proche-Orient (États-Unis, Union européenne, Nations unies, Russie) ont rencontré séparément des représentants palestiniens et israéliens, mercredi, à Jérusalem, pour tenter de relancer des négociations de paix directes, au point mort depuis septembre 2010.

Ils ont « souligné l'importance d'un échange direct entre les parties sans délai ni condition préalable, commençant par une réunion préparatoire et conduisant à la présentation de propositions sur le territoire et la sécurité », indique un communiqué des Nations unies, dont le quartier général à Jérusalem-Est accueillait les discussions.

Le président palestinien Mahmoud Abbas a réaffirmé mardi à Paris que son exigence d'un gel de la colonisation israélienne pour une reprise des négociations ne constitue pas une « condition préalable » mais un « engagement » d'Israël. L'État hébreu y voit bel et bien une « condition préalable ».

Dans une déclaration à l'ONU le 23 septembre, quelques heures après le dépôt d'une demande d'adhésion d'un État de Palestine à l'ONU, le Quartette a proposé un plan de relance des négociations de paix. Il prévoyait la reprise du dialogue d'ici un mois et la conclusion d'un accord de paix en un an.

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