Logo Radio-Canada

En profondeur

Damas ignore la nouvelle échéance de la Ligue arabe

Mise à jour le dimanche 4 décembre 2011 à 20 h 24 HAE

Damas ignore la nouvelle échéance de la Ligue arabe

Un portrait du président syrien Bachar Al-Assad est affiché sur un édifice de la capitale Damas, le 28 novembre 2011.

Photo: AFP/Louai Beshara

Un portrait du président syrien Bachar Al-Assad est affiché sur un édifice de la capitale Damas, le 28 novembre 2011.

Les autorités syriennes ont ignoré le nouvel ultimatum lancé samedi par la Ligue arabe, qui leur avait donné jusqu'à dimanche pour accepter l'envoi d'une mission de spécialistes des droits de l'homme sur leur territoire et éviter davantage de sanctions.

Aucune délégation syrienne ne s'est rendue à Doha, où elles étaient invitées à signer le protocole d'accord proposé par le comité ministériel arabe. Un analyste à Damas a d'ailleurs déclaré qu'il y avait « très peu de chances » que le régime accepte la venue d'observateurs selon les conditions proposées par la Ligue arabe.

Le président Bachar Al-Assad laisse ainsi passer une nouvelle chance de sortir de son isolement. Après les sanctions occidentales visant à faire cesser la répression de la révolte populaire, la Ligue arabe a adopté de sévères sanctions économiques contre la Syrie le 27 novembre dernier.

Réunis à Doha samedi soir, les chefs de la diplomatie des pays membres de la Ligue ont précisé les modalités d'autres sanctions à l'endroit du régime de Damas.

Ces derniers ont notamment adopté une liste de 19 hauts dirigeants et proches du régime du président Bachar Al-Assad, qui seront interdits de séjour dans les pays arabes et dont les avoirs seront gelés dans ces pays.

Parmi eux figurent les principaux chefs des services de sécurité, ainsi que Maher Al-Assad, le frère du président Bachar Al-Assad, l'homme d'affaires Rami Makhlouf, le cousin du président, et les ministres de la Défense et de l'Intérieur.

Toute vente d'armes arabes à la Syrie sera également interdite et les vols aériens à destination du pays seront réduits de moitié à compter de la mi-décembre. Une liste d'hommes d'affaires qui financent les opérations de répression sera également dressée afin qu'ils soient sanctionnés.

« Tout ce que nous voulons, c'est arrêter l'effusion de sang en Syrie et la voir changer de politique effectivement et non en paroles », avait expliqué samedi le ministre des Affaires étrangères du Qatar, Cheikh Hamad.

Le bain de sang se poursuit

Le président Bachar Al-Assad semble toutefois déterminé à poursuivre une sanglante répression, qui a fait plus de 4000 morts depuis le début de la révolte.

Quarante personnes ont été tuées dimanche par les forces de sécurité syriennes et des milices prorégime, les chabbiha, dont trois enfants, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Au moins 30 des victimes ont perdu la vie à Homs, région assiégée par les forces de sécurité depuis plus de deux mois. Des déserteurs font également partie des morts, précise l'OSDH.

Samedi, une vingtaine de personnes avaient été tuées dans différentes régions du pays, dont 11 civils.

Radio-Canada.ca avecAgence France Presse et Associated Press

En profondeur
Monde arabe : les fondements du régime syrien

Minorité alaouite, parti Baas, services de sécurité : explications sur les trois piliers du régime syrien

Correspondants à l'étranger

1 3

À ne pas manquer

1 2 3

En profondeur