Des dizaines d'arrestations marquent les deux mois d'indignation à New York

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Les policiers étaient nombreux à protéger l'accès de la Bourse de New York, jeudi matin. Les policiers étaient nombreux à protéger l'accès de la Bourse de New York, jeudi matin.   © John Minchillo

La journée marquant les deux mois d'existence du mouvement Ocuupons Wall Street, à New York, a été tendue et mouvementée, jeudi.

De quelques centaines d'indignés jeudi matin dans le quartier financier de New York, le nombre des manifestants a vite grimpé pour atteindre plusieurs milliers à la tombée de la nuit. Ils étaient encadrés par des policiers qui semblaient sur les dents.

En matinée, quelques centaines de protestataires sont partis du parc Zuccotti, berceau du mouvement, dont les manifestants avaient été expulsés dans la nuit de lundi à mardi. Le défilé a été presque immédiatement arrêté par les forces de l'ordre à l'entrée de Wall Street, où se trouve la Bourse de New York.

Les manifestants souhaitaient empêcher de façon non violente les employés des banques de se rendre au travail et les convaincre de participer à une fête populaire prévue devant l'édifice de la Bourse.

Plus tard, les manifestants se sont rassemblés sur la place Foley de Manhattan avant d'entamer une marche vers le pont de Brooklyn.

Affrontements et arrestations

Selon les correspondants de Radio-Canada, il y avait presque autant de policiers que de manifestants dans le quartier financier au début de la manifestation, jeudi matin. La journaliste Joyce Napier a estimé que si les manifestants étaient en général assez calmes, la police new-yorkaise était quant à elle, étonnamment, « un peu agressive ».

Certains agents ont frappé des protestataires alors qu'ils résistaient. « Ils poussent beaucoup, ils ne distinguent pas les manifestants des passants, des journalistes, tout le monde se fait pousser », a-t-elle décrit. Au moins 177 personnes ont été arrêtées pendant la journée.

Les manifestants du mouvement Occupons ont bloqué des rues et perturbé la circulation dans plusieurs autres villes, notamment à Los Angeles, à Las Vegas, à Saint-Louis, à Washington et à Portland. La plupart des rassemblements ont été pacifiques, mais certaines personnes ont été arrêtées pour avoir bloqué la circulation.

Au Canada, le mouvement Occupons Ottawa avait donné rendez-vous aux manifestants dans le parc de la Confédération pour participer à différentes actions.

Des actions avaient aussi été annoncées du côté européen à Madrid, en Espagne, à Gand, en Belgique et dans une dizaine de villes en Allemagne.

En Grande-Bretagne, à Londres, les indignés qui avaient installé leurs tentes dans la City, le quartier de la finance, ont reçu un ultimatum pour les démanteler. Mais ils n'avaient pas l'intention de se plier à l'injonction de la Ville, qu'ils comptent contester en justice.
Les policiers ont procédé à des dizaines d'interpellations Les policiers ont procédé à des dizaines d'interpellations.   © AFP/Andrew Burton

Certains manifestants rencontrés à New York ont estimé que l'opération avait été un succès, un groupe ayant tout de même réussi à s'approcher à un coin de rue de la Bourse. D'autres étaient outrés de l'importance de la présence policière et ont estimé que leur droit à la manifestation avait été brimé.

Cette journée était en quelque sorte un test pour le mouvement des indignés new-yorkais, qui cherche à se réinventer après l'interruption forcée de son occupation permanente du parc Zuccotti.

« Tout le monde est optimiste. Nous nous ressourçons, le travail continue, avec ou sans quartier général », a affirmé Bill Dobbs, un porte-parole du mouvement.

Les racines du mouvementIl y a deux mois jour pour jour, le 17 septembre 2011, un mouvement que plusieurs jugeaient marginal est né à New York, lorsque des manifestants ont entrepris d'occuper Wall Street pour dénoncer les iniquités économiques. Ils se sont installés dans le parc Zuccotti, à New York, et leur mouvement a fait boule de neige. Selon l'organisation d'Occupons Wall Street, le mouvement s'est étendu à 100 villes aux États-Unis et des actions ont été entamées dans plus de 1500 villes dans le monde.

Sur son site web, le mouvement Occupons Wall Street dit être inspiré des révolutions en Égypte et en Tunisie, révolutions phares du printemps arabe. Le mouvement rappelle également celui des indignés espagnols, terme qui a d'ailleurs été repris pour qualifier les manifestants de l'actuel mouvement né à New York.

En mai dernier, un mouvement spontané de contestation naissait à Madrid, en Espagne, pour protester contre le haut taux de chômage, les excès du capitalisme, les politiciens « corrompus » ou encore le système électoral espagnol. Un village alternatif avait été érigé sur la Puerta del Sol, et des milliers d'Espagnols avaient appuyé ce mouvement des indignés, qui s'était d'ailleurs étendu partout au pays. Le mouvement avait également déclenché d'autres manifestations en Europe, notamment en France et en Grèce.
Des manifestants ont marché dans le quartier financier, à New York, jeudi avant-midi. Des manifestants ont marché dans le quartier financier, à New York, jeudi avant-midi.   © Mary Altaffer

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