Mansour Daou, l'ancien chef des services de sécurité intérieure libyens
©
AFP/PHILIPPE DESMAZES
Kadhafi préférait mourir en Libye plutôt qu'être jugé à La Haye, selon Mansour Daou, l'ancien chef des services de sécurité intérieure, emprisonné à Misrata.
M. Daou a raconté à l'Agence France-Presse que le dictateur, mort le 20 octobre dernier, était déprimé et inquiet dans les derniers jours de sa vie. Le mandat émis par la Cour pénale internationale contre Mouammar Kadhafi, son fils Seif al-Islam et l'ancien chef des services secrets Abdallah Al-Senoussi aurait aggravé les choses, « Le mandat d'arrêt de la CPI les a décidés, lui et ses fils, à rester en Libye », explique M. Daou. « Kadhafi disait "je préfère mourir en Libye plutôt qu'être jugé par [le procureur de la CPI Luis] Moreno-Ocampo" ».
Réfugié à Syrte à partir du 19 août, Kadhafi lisait des livres, prenait beaucoup de notes, faisait des siestes, relate Mansour Daou, qui était chargé de veiller à sa sécurité. C'est le fils de Kadhafi, Moutassim, qui commandait les combattants. « Kadhafi ne s'est jamais battu. Il était vieux ».
Le 19 octobre, « une erreur monumentale »
Le 19 octobre, Moutassim se rend à la conclusion que la situation à Syrte est désespérée, alors que le dernier quartier de la ville, le quartier #2, est encerclé. Il décide alors de partir vers le sud, à Wadi Djaref. « Le départ devait se faire vers 3 h 30 du matin, mais on a traîné trois ou quatre heures avant de partir [...] parce que les volontaires de Moutassim étaient mal organisés », se souvient M. Daou.
Le convoi qui comprend 45 véhicules et de 160 à 180 hommes quitte le quartier #2 vers l'aube. Il est presque aussitôt repéré par l'OTAN, qui lance une frappe aérienne contre le convoi. Les combattants du CNT lancent ensuite l'offensive au sol contre les survivants. Moutassim est arrêté vivant puis tué, Kadhafi est également pris vivant après s'être réfugié dans un tuyau d'écoulement des eaux. Deux heures plus tard, il meurt, tué d'une balle dans la tête et d'une autre dans la poitrine.
Un agent de sécurité privé canadien a escorté des enfants de Kadhafi
Gary Peters, un entrepreneur canadien propriétaire d'une agence de sécurité, a raconté samedi au National Post comment il a aidé des membres de la famille de Kadhafi à quitter la Libye.
Celui qui est le garde de sécurité de Saadi Kadhafi, le troisième fils du défunt dictateur libyen, admet qu'il a fait partie du convoi qui a conduit Saadi hors de la Libye, jusqu'au Niger, avant d'être blessé dans une embuscade et de rentrer au Canada. Il avait auparavant conduit un autre fils de Kadhafi, Hannibal, et sa fille Ayasha jusqu'en Algérie.
Gary Peters travaillait pour les Kadhafi depuis 2004.