La présidente de l'Argentine, Cristina Kirchner
Photo : AFP/Juan Mabromata
La présidente sortante de l'Argentine, Cristina Fernandez, a été réélue dimanche dès le premier tour de l'élection présidentielle avec 53 % de voix, loin devant son plus proche rival, le socialiste Hermes Binner, qui a obtenu 16,9 % des votes.
Il s'agit d'une victoire historique. L'écart entre les deux candidats est la plus imposante de l'histoire du pays.
Elle affrontait aussi Ricardo Alfonsin, fils de l'ancien président Raul Alfonsin (1983-1989), qui a pour sa part récolté 13,2 % des voix.
Épouse du défunt président Nestor Kirchner auquel elle a succédé à la tête du pays il y a quatre ans, elle bénéficiait d'un fort appui dans les sondages, qui dépasse largement le cercle habituel des sympathisants péronistes.
Sa capacité à séduire hors des classes populaires, jusqu'aux classes moyennes et supérieures, découle d'une politique qui a permis à l'Argentine de connaître une croissance annuelle de 8 % en moyenne et un taux de chômage d'à peine plus de 7 %.
Une présidente interventionniste
Adepte d'un politique interventionniste, loin du credo néo-libéral, l'Argentine de Cristina Fernandez pratique le contrôle des prix, impose des quotas agricoles et finance la dette publique avec une partie des réserves de la banque centrale.
Cette présence de l'État dans l'économie est bien vue par une bonne partie des Argentins, qui n'ont pas oublié comment le libéralisme du président Carlos Menen avait conduit le pays à la banqueroute dans les années 2001-2002. Ses détracteurs soulignent que sa politique entraîne une forte inflation et demeure vulnérable à une chute des cours du soja, « l'or vert » de l'Argentine.
Le pays bénéficie en effet de l'envolée des prix des matières premières, notamment du soja, dont il est le troisième exportateur au monde.
Lors de la campagne électorale, Cristina Fernandez a promis de poursuivre sa politique interventionniste et de maintenir les nombreuses subventions accordées aux familles défavorisées, comme des réductions dans le transport et dans l'énergie.
Les 28,8 millions d'électeurs argentins doivent aussi élire 130 députés, 24 sénateurs et neuf gouverneurs.