La secrétaire d'État américaine Hillary Clinton écoute attentivement les propos de son homologue pakistanaise le 21 octobre 2011, à Islamabad.
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AFP/AAMIR QURESHI
En visite à Islamabad, la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton a exhorté vendredi le Pakistan à en faire plus pour empêcher les talibans afghans de trouver refuge sur son territoire.
Signe de l'importance de cette visite, qui se produit au moment où les relations sont tendues, Mme Clinton était accompagnée du nouveau directeur de la CIA et ancien commandant des forces internationales en Afghanistan, David Petraeus, et du nouveau numéro un de l'armée américaine, le général Martin Dempsey.
Lors d'une conférence de presse en compagnie de son homologue pakistanaise, Hina Rabbani Khar, Mme Clinton a appelé le réseau Haqqani, bête noire de Washington en Afghanistan, à intégrer le processus de paix en Afghanistan.
« Nous devons concentrer notre attention ici sur les talibans pakistanais, les talibans afghans, les membres du réseau Haqqani et les autres groupes terroristes et tenter de les intégrer au processus de paix, et, en cas d'échec, les empêcher de perpétrer de nouvelles violences et de tuer des innocents », a-t-elle déclaré.
La secrétaire d'État a plus tard révélé aux médias pakistanais que des émissaires américains ont rencontré l'été dernier des responsables du réseau Haqqani, avec l'aide des autorités pakistanaises.
« Nous ne sommes pas en négociation », a-t-elle toutefois tempéré. « Nous avons juste eu une rencontre préliminaire pour voir s'ils venaient. »
Les États-Unis tiennent le réseau Haqqani pour responsable de la majorité des récentes attaques qui ont frappé l'Afghanistan. Mme Clinton a d'ailleurs demandé aux dirigeants pakistanais une plus grande coopération dans la lutte contre le réseau.
Depuis des mois, Washington appelle en vain Islamabad à lancer une intervention militaire dans le district tribal du Waziristan du Nord, notamment contre le réseau Haqqani, un groupe indépendant allié aux talibans et à Al-Qaïda.
À défaut d'offensive militaire terrestre, Mme Clinton a demandé vendredi « un plus grand partage des renseignements » pour empêcher les incursions des terroristes en Afghanistan.
« Vous ne pouvez pas avoir des serpents dans votre jardin et espérer qu'ils ne mordent que votre voisin. Car à la fin, ces serpents vont finir par mordre n'importe qui dans le jardin », a-t-elle prévenu.
Hina Rabbani Khar a adopté un discours conciliant, assurant que son pays était prêt à coopérer davantage avec les États-Unis et à en faire plus contre les repaires de talibans afghans.
« Y a-t-il des sanctuaires ? Oui, ils existent des deux côtés de la frontière », a déclaré Mme Khar, dans un aveu inhabituel du côté pakistanais. Elle a toutefois nié fermement tout soutien de l'État pakistanais aux talibans afghans.
Relations tendues
Les relations entre le Pakistan et les États-Unis sont au plus bas depuis le raid unilatéral des Américains qui a tué Oussama ben Laden le 2 mai dernier, dans le nord du Pakistan.
La tension a monté d'un cran il y un mois, lorsque la Maison-Blanche et le Pentagone ont tous deux accusé les services secrets pakistanais de collusion avec le réseau Haqqani.
Le Pakistan est souvent accusé de soutenir les actions des talibans et du réseau Haqqani en Afghanistan pour y lutter contre l'influence de son rival indien.