Tristane Banon c. DSK : il n'y aura pas de procès

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse, Associated Press et Reuters
Dominique Strauss-Kahn (à gauche), le 18 septembre, et Tristane Banon, le 19 septembre Dominique Strauss-Kahn (à gauche), le 18 septembre, et Tristane Banon, le 19 septembre.  Photo :  AFP/JOEL SAGET

Le parquet de Paris a annoncé jeudi l'abandon de la procédure ouverte à la suite de la plainte de Tristane Banon contre l'ex-directeur du FMI Dominique Strauss-Kahn pour tentative de viol.

Le parquet a indiqué que « faute d'éléments de preuve suffisants, les poursuites ne peuvent être engagées du chef de tentative de viol, des faits pouvant être qualifiés d'agression sexuelle sont quant à eux reconnus ».

Les faits d'agression sexuelle reconnus ne peuvent toutefois être poursuivis puisqu'ils sont prescrits. Le délai prévu par la loi pour les délits d'agression sexuelle est de 3 ans, alors que celui pour tentative de viol est de 10 ans.

La romancière et journaliste de 32 ans avait prévenu que si le parquet décidait de classer sa cause, elle déposerait plainte avec constitution de partie civile, entraînant du coup la désignation d'un juge d'instruction.

L'avocat de Tristane Banon a réagi à l'annonce en affirmant que DSK « devra donc se satisfaire d'un statut d'agresseur sexuel non jugé, [que cela lui permettra] d'échapper à une condamnation pénale, mais désormais pas à une suspicion légitime quant à son comportement vis-à-vis des femmes ».

L'avocate de DSK a pour sa part estimé que son client avait été « totalement blanchi ».

Les faits se sont produits à Paris en 2003, mais n'ont été révélés qu'en juillet dernier par Tristane Banon. Elle a porté plainte après que DSK a été accusé dans une affaire similaire aux États-Unis, en mai dernier.

M. Strauss-Kahn avait admis pendant son audition avoir fait des « avances » à la jeune femme, tout en niant tout acte de violence. Il avait affirmé lors d'une interview télévisée que « la version qui a été présentée est une version imaginaire, une version calomnieuse ».

L'homme de 62 ans doit encore faire face à une procédure civile aux États-Unis, relativement aux accusations d'agression sexuelle de la femme de chambre Nafissatou Diallo.

Après trois mois d'une saga politico-judiciaire, les procureurs de la Ville de New York avaient demandé au juge d'abandonner les accusations, notamment en raison des doutes sur la crédibilité de la plaignante.

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