Des détenus quittent la prison de Rangoon après avoir été libérés par le gouvernement du Myanmar, le 12 octobre 2011.
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AFP/Soe Than Win
Au moins 184 prisonniers politiques ont été libérés mercredi par le gouvernement du Myanmar, dont une centaine de membres du parti de la figure de proue du mouvement prodémocratique birman, Aung San Suu Kyi.
Mardi, la télévision d'État birmane a annoncé que 6359 prisonniers seraient libérés, sans préciser le nombre de prisonniers politiques.
La chef de la diplomatie de l'Union européenne, Catherine Ashton, a salué mercredi cette décision prise par les autorités birmanes « d'accorder une amnistie à un nombre significatif de prisonniers », tout en réclamant la libération « inconditionnelle de tous les prisonniers politiques ».
Quelques heures après sa libération, l'un des dissidents les plus importants de Birmanie, le comédien et humoriste Zarganar, a d'ailleurs demandé au président « pourquoi il est si mesquin ».
Arrêté en 2008 après avoir organisé l'aide aux victimes du cyclone Nargis - qui a fait 138 000 morts et disparus - il avait écopé d'un total de 59 ans de prison, puis d'une peine réduite à 35 ans.
Il a été libéré de sa cellule d'une prison de l'extrême nord du pays tôt mercredi matin, avant de prendre un vol pour Rangoon, où il a été accueilli par une foule de proches, de journalistes et d'artistes.
Les dirigeants de la « génération 88 », qui ont joué un rôle majeur dans les soulèvements populaires pour la démocratie qui ont secoué la Birmanie en 1988, n'ont pas été libérés. Cette révolte avait entraîné une imposante répression du régime qui avait fait plus de 3000 morts.
Des gestes d'ouverture
Depuis la dissolution de la junte militaire et l'arrivée de l'ex-général Thein Sein à la présidence du pays, le gouvernement a annoncé des réformes politiques d'envergure.
En mai dernier, des milliers de personnes avaient été libérées par le régime, mais seulement une poignée de prisonniers politiques avaient recouvré leur liberté.
Après des décennies de régime dictatorial des plus fermés, le président Thein Sein procède depuis quelques semaines à différentes annonces qui s'inscrivent dans une profonde réforme du système politique du pays.
Thein Sein a notamment entamé le dialogue avec Aung San Suu Kyi, libérée en novembre 2010 après sept années de résidence surveillée. Puis, à la fin septembre, il a annoncé la suspension d'un projet de barrage financé par les Chinois pour « respecter la volonté du peuple ».
Le nouveau gouvernement montre également une ouverture face à la presse : la présente session de l'Assemblée nationale a été ouverte pour la première fois aux médias, et le responsable de la censure a indiqué, il y a quelques jours, que les médias devraient être libérés de toute contrainte.
Lundi, le secrétaire d'État adjoint chargé de l'Asie orientale et du Pacifique, Kurt Campbell, a affirmé qu'il est « indéniable qu'il y a des évolutions spectaculaires en cours ».