Jean Charest à Paris, le 5 octobre 2011. (Archives)
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Michel Spingler
Le premier ministre Jean Charest a poursuivi sa mission en Espagne en visitant le parlement de Catalogne, lundi, à Barcelone.
Il a rencontré la présidente du parlement, Nuria de Gispert, qui est la première femme à occuper ce poste. Mme de Gispert a demandé à M. Charest quel était le « secret » de la résilience économique du Québec malgré l'incertitude mondiale. À la blague, il lui a répondu que c'était grâce à lui. Puis, redevenu sérieux, il a évoqué le caractère diversifié de l'économie québécoise et l'abondance des richesses naturelles.
Considérée comme un moteur économique de l'Europe, la Catalogne est aujourd'hui secouée par les profondes difficultés économiques de l'Espagne. Le taux de chômage atteint désormais 19 % dans la région semi-autonome, contre à peine 6 % en 2006.
Aux journalistes québécois qui accompagnent le premier ministre, Nuria de Gispert a affirmé que le nationalisme catalan se porte très bien. Comme au Québec, toutefois, les Catalans sont profondément divisés sur la question de l'indépendance.
Dans une entrevue à un quotidien barcelonais parue dimanche, Jean Charest a assuré qu'il était « nationaliste », tout en soutenant que la débâcle du Bloc québécois aux dernières élections fédérales traduisait « une certaine fatigue d'un débat qui dure depuis plusieurs années » et « un désir de renouveau ».
Il a tout de même tenu à préciser que de nombreux Québécois continuent de croire en l'indépendance même s'ils sont fatigués d'en parler.
Plan Nord
En point de presse à Barcelone, où il effectue une mission destinée notamment à faire la promotion du Plan Nord, M. Charest a soutenu que l'objectif de protéger 50 % du territoire situé au nord du 49e parallèle était ambitieux et que ses modalités restaient encore à définir.
Il n'a pas exclu que de l'exploitation forestière puisse se faire dans la zone des 50 %, comme l'a affirmé la semaine dernière Léopold Gaudreau, sous-ministre au ministère de l'Environnement.
Jean Charest a en revanche rejeté la possibilité d'autoriser l'exploitation minière dans cette zone, une éventualité pourtant évoquée la semaine dernière par son ministre de l'Environnement, Pierre Arcand.
Dans une présentation devant des gens d'affaires catalans, lundi, M. Charest n'a pas manqué de citer des propos émanant de l'International Boreal Conservation Campaign (IBCC). En mai, les responsables de cette initiative américaine avaient qualifié le Plan Nord de « plus importante politique de conservation du territoire de l'histoire ».
Or, indignés par ce qu'ils considèrent être une volte-face du gouvernement dans ce dossier, l'IBCC et son pendant canadien, l'Initiative boréale canadienne, viennent d'écrire à M. Charest pour le presser de maintenir l'exclusion de toute activité forestière dans la zone des 50 %.
