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Début de la campagne électorale en Tunisie

Mise à jour le samedi 1 octobre 2011 à 17 h 44 HAE

Début de la campagne électorale en Tunisie

Des passants regardent des pancartes électorales à Tunis, le 1er octobre 2011.

Photo: AFP/FETHI BELAID

Des passants regardent des pancartes électorales à Tunis.

Neuf mois après la chute du régime totalitaire de Zine el-Abidine Ben Ali, la campagne électorale en vue d'élire une Assemblée constituante le 23 octobre a démarré samedi dans une effervescence particulière pour un pays habitué depuis plus de 50 ans à des élections arrangées. Appelés à élire une institution dont la principale tâche sera d'élaborer une nouvelle Constitution, les Tunisiens s'apprêtent à faire l'apprentissage de la démocratie.

Longtemps confrontés à l'hégémonie d'un parti unique, ils auront à faire un choix difficile dans une mosaïque de partis et de candidats indépendants, la plupart méconnus des électeurs. Sur les 111 partis légalisés dans leur grande majorité après « la révolution du jasmin », 81 seront en lice dans les 33 circonscriptions électorales (dont six à l'étranger) pour ce scrutin à la proportionnelle.

Selon les dernières statistiques de l'Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE), 1541 listes comprenant près de 11 000 candidats se disputeront les 217 sièges de la future Constituante. Quelque 140 listes ont été invalidées en raison notamment de la présence de personnes déclarées inéligibles pour avoir exercé des responsabilités dans l'ancien régime ou pour avoir appelé M. Ben Ali à briguer un sixième mandat en 2014.

Devant la pléthore de listes et de candidats, environ la moitié des 7 millions d'électeurs potentiels semblent encore indécis, ne sachant pas pour qui ils voteront le 23 octobre, selon de récents sondages désormais interdits en période de campagne électorale. Pour combler ce déficit, partis et candidats indépendants ont programmé des centaines de rassemblements et feront du porte-à-porte dans les villes et villages.

Chaque liste aura, en outre, droit à un passage sur les médias publics pour diffuser un message électoral de trois minutes pendant la campagne.

Le web, qui a joué un rôle de premier plan dans la mobilisation contre le régime déchu, notamment via les réseaux sociaux, sera de la partie aussi. Pour aider les électeurs à dissiper la confusion née de cette foison de listes, des Tunisiens établis en Allemagne, regroupés au sein de l'association Tunicomp, ont lancé un outil en ligne à cet effet baptisé TuniVote.

L'initiative, développée en partenariat avec l'association NOU-R, se propose de faire découvrir aux indécis, par le biais d'un questionnaire, leurs affinités avec les partis et de déceler ceux qui sont les plus proches de leurs convictions. Deux autres sites - Ajidoo.com, un comparateur de programmes politiques, et ikhtiartounes.org (Choix de la Tunisie) - ont été créés dans le même but.

Parallèlement, des mesures strictes ont été prises pour prévenir tout dérapage lors des réunions publiques. « L'opération électorale devrait se dérouler dans des conditions favorables, mais nous sommes prêts à faire face à toute éventualité », a assuré le patron de l'ISIE, Kamel Jendoubi. Selon un policier ayant requis l'anonymat, « toutes les forces de sécurité seront mobilisées pour cette échéance cruciale en même temps que l'armée ».

L'appareil policier compte plus de 60 000 agents, dont 10 000 nouvelles recrues, et l'armée environ 45 000 soldats et officiers. Par ailleurs, les conscrits ont été consignés jusqu'à la fin des élections, selon le ministère de la Défense.

Associated Press

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