![]() Mise à jour le mardi 20 septembre 2011 à 12 h 48 HAE Le difficile équilibrisme de Mahmoud AbbasMahmoud Abbas, alias Abou Mazen, est né le 26 mars 1935 à Safed, en Galilée. En 1948, année de création de l'État d'Israël, il s'exile en Syrie avec sa famille, comme bien d'autres Palestiniens chassés par la première guerre du Proche-Orient. Diplômé en droit et docteur en histoire, il est l'un des membres fondateurs du Fatah, qu'il crée en 1959 avec Yasser Arafat, Farouk Kaddoumi et quelques autres Palestiniens en exil. Le mouvement, qui se définit comme centriste et nationaliste palestinien, se concentre essentiellement sur la lutte armée contre Israël. En 1967, le Fatah se rattache à l'Organisation de libération de la Palestine (OLP). Dès les années 70, Abbas entreprend des démarches pour mettre en oeuvre des négociations secrètes entre l'OLP et l'État hébreu, ce qui engendrera de nombreux affrontements entre Abbas et la frange radicale palestinienne. Il sera présenté par la communauté internationale comme le principal architecte des pourparlers qui mèneront au processus de paix israélo-palestinien et aux accords d'Oslo, signés en 1993. Mahmoud Abbas revient dans les territoires palestiniens en 1995 et devient secrétaire général de l'OLP. En mars 2003, il obtient le poste de premier ministre sous la présidence de Yasser Arafat. Il devient alors le principal négociateur pour la mise en place d'une feuille de route visant à créer un État palestinien. Yasser Arafat lui accordant peu de pouvoir sur les forces de sécurité palestiniennes, il quitte finalement son poste en septembre de la même année. Après la mort de Yasser Arafat en novembre 2004, Mahmoud Abbas revient en scène et prend la tête de l'OLP. Il devient président de l'Autorité palestinienne en janvier 2005. La présidence de Mahmoud Abbas Dès sa prise de pouvoir, il rencontre les principales factions palestiniennes, dont le Hamas et le Djihad islamique, en vue d'obtenir un cessez-le-feu unilatéral avec Israël. Grand partisan du pragmatisme politique, Abbas estime que les groupes armés palestiniens, malgré leur volonté à toute épreuve, ne peuvent vaincre militairement une armée israélienne numériquement et matériellement beaucoup plus forte. Ainsi, pour lui, la seule option viable reste la négociation avec le pouvoir israélien. Les Palestiniens se trouvent toutefois divisés par la volonté de ces clans ennemis que sont le Fatah (la faction dominante au sein de l'OLP) et le Hamas, le Mouvement de la résistance islamique. Le mouvement radical Hamas remporte les élections législatives en 2006, après avoir fait campagne contre la corruption du parti au pouvoir. Les soupçons de corruption ont d'ailleurs coulé le Fatah, qui n'a récolté que 43 sièges du Parlement sur 132, contre 76 pour le Hamas. Le Hamas prend ensuite le contrôle de la bande de Gaza en juin 2007, chassant les forces de sécurité fidèles au Fatah, qui ne contrôlent désormais plus qu'une partie de la Cisjordanie. Cette division entre le Fatah et le Hamas complique d'autant plus la poursuite des négociations de paix israélo-palestiniennes, le président Abbas n'ayant plus d'emprise sur la bande de Gaza. En 2008, le Hamas s'en prend d'ailleurs directement au Fatah de Mahmoud Abbas, à qui il attribue un mystérieux attentat à la bombe qui a fait six morts près de la plage de Gaza. Coincée entre les demandes du Hamas, celles du Fatah et celles de la communauté internationale, l'autorité de Mahmoud Abbas est remise en question. Une autorité déjà affaiblie par le scandale de corruption exposé au grand jour au sein de l'Autorité palestinienne. Politicien qualifié de modéré, Mahmoud Abbas est considéré tant par les États-Unis que par Israël comme un interlocuteur valable et une figure incontournable du dialogue pour la paix. De leur côté, les différentes factions palestiniennes, dont le Hamas, accusent Abbas d'être trop complaisant envers Israël. Les négociations avec l'État hébreu étant dans l'impasse depuis septembre 2010, en raison du refus d'Israël de geler les colonisations en Cisjordanie, les efforts de Mahmoud Abbas n'ont pas encore porté leurs fruits. Le 23 septembre 2011, le président Abbas doit présenter à l'ONU une demande d'adhésion formelle de la Palestine en tant qu'État, sur la base des frontières d'avant la guerre des Six Jours. Fil international en continuMis à jour il y a 1 heure 5 minutesCorrespondants à l'étranger
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