![]() Mise à jour le lundi 12 septembre 2011 à 9 h 51 HAE 2600 morts en Syrie depuis la mi-mars, selon l'ONU
En Syrie, « le nombre de tués depuis le début des violences à la mi-mars a maintenant atteint au moins 2600 morts », a déclaré lundi la haute commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Navi Pillay. Cette estimation, livrée à l'ouverture de la 18e session du Conseil des droits de l'homme de l'ONU, s'appuie sur « des sources fiables sur le terrain », a dit Mme Pillay. Lors d'une session extraordinaire du conseil, le 23 août, Mme Pillay avait estimé à 2200 le nombre de victimes de la répression. Une résolution demandant « l'envoi urgent d'une commission d'enquête indépendante » sur les violations des droits de l'homme en Syrie avait été adoptée au terme de cette session. Le 19 août, des enquêteurs des Nations unies ont présenté un rapport recensant des exactions commises par les forces de sécurité syriennes. Le rapport s'appuie sur les témoignages de Syriens s'étant rendus au Liban pour fuir les violences dans leur pays. Le document relate les atrocités qu'auraient commises les forces de sécurité syriennes : tirs sur des manifestants, tortures et autres traitements dégradants et inhumains, exécutions massives d'opposants, blessés achevés dans les hôpitaux ou enfermés vivants dans les réfrigérateurs des morgues, etc. Le rapport concluait que les atrocités commises contre les civils syriens pourraient relever de « crimes contre l'humanité » et dressait une liste confidentielle de 50 personnalités liées au régime susceptibles de faire l'objet de poursuites devant la Cour pénale internationale de La Haye. Une conseillère du président syrien Bachar Al-Assad, Boutheina Chaabane, a pour sa part déclaré lundi en conférence de presse que les évènements des derniers mois ont fait 1400 victimes, soit « 700 morts dans les rangs de l'armée et de la police et 700 chez les rebelles ». Divergences de vues entre Paris et Moscou À Paris, le ministère des Affaires étrangères soutient que, dans ces circonstances, « le blocage d'une prise de position du Conseil de sécurité des Nations unies est un scandale ». À Moscou, le président Dimitri Medvedev a fait savoir lundi qu'il s'opposait à toute « pression supplémentaire » sur Damas. Bien qu'elle se soit abstenue lors du vote autorisant l'OTAN à intervenir en Libye, la Russie s'oppose depuis le départ à toute résolution du Conseil de sécurité de l'ONU imposant des sanctions au régime du président Bachar Al-Assad. « À l'heure actuelle, il y a déjà de nombreuses sanctions adoptées contre la Syrie, de l'Union européenne et des États-Unis, et une pression supplémentaire n'est absolument pas nécessaire », a déclaré M. Medvedev. « La Russie part du principe qu'il est nécessaire d'adopter une résolution ferme, mais équilibrée et adressée aux deux parties du conflit syrien, aussi bien les autorités officielles, dirigées par Bachar Al-Assad, que l'opposition », a-t-il ajouté. Le président russe a fait cette déclaration lors d'une conférence de presse avec le premier ministre britannique David Cameron, qui effectue une première visite au Kremlin depuis le meurtre à Londres du dissident russe Alexander Litvinenko en 2006. Fil international en continuMis à jour il y a 1 heure 5 minutesCorrespondants à l'étranger
À ne pas manquer
En profondeur
|