La crise entre Israël et la Turquie s'envenime

  |  Radio-Canada avec Associated Press, Agence France-Presse et Reuters
Le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan (archives) Le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan (archives)   © AFP/MUSTAFA OZER

La Turquie annonce mardi la « suspension totale » des rapports militaires et commerciaux qu'elle entretient avec Israël, aggravant encore davantage la crise diplomatique entre les deux pays.

« Nous suspendons totalement nos liens commerciaux, militaires et de l'industrie de défense », a dit à des journalistes le premier ministre Recep Tayyip Erdogan.

Le premier ministre turc a aussi déclaré que la Turquie accroîtrait ses patrouilles navales sur la mer Méditerranée.

« L'Est de la Méditerranée ne nous est pas étranger. Aksaz et Iskenderun ont la force et l'occasion pour offrir des escortes », a-t-il dit, faisant référence à deux bases navales turques. « Bien sûr, nos bateaux seront visibles plus fréquemment dans ces eaux ».

Recep Tayyip Erdogan a aussi déclaré qu'il pourrait se rendre à Gaza, région contrôlée par le mouvement islamiste Hamas, dans le cadre d'une visite prévue la semaine prochaine en Égypte. Une décision finale sera prise après discussion avec les autorités égyptiennes.

Ankara avait déjà fait savoir vendredi qu'il expulsait l'ambassadeur israélien en Turquie, qu'il suspendait tous les accords militaires bilatéraux conclus avec Israël et qu'il contestait le blocus que l'État hébreu impose à Gaza.

Des excuses qui ne viennent pas

Les relations entre la Turquie et Israël se dégradent depuis la fin des travaux de la commission d'enquête de l'ONU sur l'assaut israélien contre une flottille qui transportait de l'aide humanitaire et tentait de briser le blocus naval de Gaza. L'affaire s'est soldée par la mort de neuf Turcs.

Le rapport Palmer conclut que la force utilisée par les militaires israéliens lors de l'abordage du navire Mavi Marmara était « excessive et déraisonnable », en dépit de la résistance organisée et violente offerte par certains activistes. Le rapport soutient cependant que le blocus de l'enclave palestinienne est légitime.

Ankara avait prévenu qu'il adopterait des mesures de rétorsion si Israël ne s'excusait pas d'ici la publication du rapport de la commission, dirigée par l'ex-premier ministre néo-zélandais Geoffrey Palmer.

Les excuses demandées ne sont jamais venues et Israël affirme qu'elles ne viendront pas. L'État hébreu a plutôt exprimé « ses regrets » pour la mort de passsagers de la flottille.

Interrogé sur cette décision par l'AFP, un responsable israélien s'est limité à dire qu'Israël tentait d'éviter « une nouvelle détérioration de ses relations avec la Turquie ».

Dans une version précédente de cet article, nous écrivions que le rapport de l'ONU « condamnait » l'assaut israélien. Le rapport qualifie plutôt « d'excessive et déraisonnable » la force utilisée par les forces israéliennes. Par ailleurs, le rapport qualifie « d'inacceptables » les pertes de vies et les blessures résultant de l'utilisation de la force par l'armée israélienne lors de l'arraisonnement du Mavi Marmara.

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