La Turquie expulse l'ambassadeur d'Israël

  |  Radio-Canada avec Associated Press, New York Times, BBC et Haaretz
Le Mavi Marmara à son arrivée dans le port d'Ashdod en mai 2010. Le Mavi Marmara à son arrivée dans le port d'Ashdod en mai 2010.  Photo :  AP/Ariel Schalit

Les relations entre la Turquie et Israël se dégradent dans la foulée des fuites sur le rapport de la commission d'enquête de l'ONU sur l'assaut israélien contre une flottille qui tentait de briser le blocus de Gaza, en mai 2010.

Devant le refus d'Israël de s'excuser pour cette affaire, qui s'est soldée par la mort de neuf Turcs, Ankara a fait savoir vendredi qu'il expulse l'ambassadeur israélien en Turquie et qu'il suspend tous les accords militaires conclus avec Israël.

La Turquie avait prévenu qu'elle réagirait si Israël ne s'excusait pas d'ici la publication du rapport de la commission, dirigée par l'ex-premier ministre néo-zélandais Geoffrey Palmer. Les excuses demandées ne sont jamais venues.

« Les relations diplomatiques entre la Turquie et Israël ont été abaissées au niveau du deuxième secrétaire d'ambassade », a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu. « Tout le personnel au-dessus du niveau du second secrétaire rentrera dans le pays mercredi au plus tard ».

Selon Reuters, l'ambassadeur israélien en Turquie, Gabby Levy, se trouvait en Israël au moment de l'annonce, et a d'ores et déjà renoncé à regagner la Turquie.

Ahmet Davutoglu soutient qu'Israël est responsable de la situation de tension entre les deux pays et que la Turquie ne reviendra pas en arrière tant que ses demandes pour résoudre cet incident ne seront pas acceptées.

Israël demande à Ankara de respecter le droit international

Dans un communiqué publié vendredi, le gouvernement israélien réitère qu'il regrette que les évènements du 31 mai 2010 se soient soldés par des morts, mais qu'il ne s'excusera pas.

L'État hébreu dit qu'il reconnaît « l'importance des liens historiques » entre les peuples juif et turc, qu'il espère qu'une « solution permettant de résoudre la dispute sera trouvée ».

« Israël assume que la Turquie respectera le droit international relativement à la navigation sur la mer Méditerranée », déclare Tel-Aviv.

Un rapport coulé au New York Times

Les relations entre la Turquie et Israël qui s'étaient déjà détériorées dans la foulée de l'assaut israélien contre la bande de Gaza, en décembre 2008 et janvier 2009, n'ont cessé de se dégrader depuis l'assaut du Mavi Marmara. Le bateau cherchait à briser l'embargo israélien sur la bande de Gaza.

Le rapport Palmer doit être remis vendredi au secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon. Le New York Times en a cependant obtenu une copie, qu'il a publiée jeudi dans son site Internet.

Selon le grand quotidien américain, le rapport Palmer argue que la force utilisée par les militaires israéliens lors de l'abordage du Mavi Marmara était « excessive et déraisonnable », même si certains activistes ont offert une résistance organisée et violente.

Le rapport soutient cependant que le blocus de l'enclave palestinienne est légitime. Ankara conteste cette conclusion, a précisé vendredi le ministre Davutoglu.

« Nous ne pouvons accepter le blocus de Gaza. Nous ne pouvons dire que le blocus est conforme aux lois internationales », déclare le ministre des Affaires étrangères turc dans un communiqué.

La conclusion du rapport Palmer, poursuit Ankara, représente « l'opinion personnelle l'auteur, qui ne correspond pas à la position de la Turquie. »

Le rapport Palmer recommande aussi à Israël d'exprimer « une déclaration appropriée de regret » pour cette attaque et de verser des dédommagements aux blessés ainsi qu'aux familles des victimes.

Il conclut que « la Turquie et Israël doivent rétablir toutes leurs relations diplomatiques », au nom « de la stabilité au Moyen-Orient et de la paix et de la sécurité internationale ».

Rectificatif Dans une version précédente de cet article, nous écrivions que le rapport de l'ONU « condamnait » l'assaut israélien. Le rapport qualifie plutôt « d'excessive et déraisonnable » la force utilisée par les forces israéliennes. Par ailleurs, le rapport juge « inacceptables » les pertes de vies et les blessures résultant de l'utilisation de la force par l'armée israélienne lors de l'arraisonnement du Mavi Marmara.

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