L'Égypte rappelle son ambassadeur en Israël

Des Égyptiens brûlent le drapeau israélien devant l'ambassade d'Israël au Caire. Des Égyptiens brûlent le drapeau israélien devant l'ambassade d'Israël au Caire.   © AFP/MOHAMED HOSSAM

L'Égypte a annoncé samedi le rappel de son ambassadeur en Israël, pour protester contre la mort de trois de ses policiers tués jeudi près de la frontière avec l'État hébreu, qui « regrette » ces décès.

Les policiers ont été tués dans des circonstances non élucidées lors d'une opération israélienne pour traquer les membres d'un commando palestinien. Les assaillants, lourdement armés, venaient de perpétrer un triple attentat ayant fait huit morts près d'Eilat dans le sud d'Israël. Le gouvernement égyptien, qui tient l'État hébreu pour « responsable politiquement et juridiquement de cet incident », a réclamé une enquête et des excuses officielles.

Israël regrette l'incident et lance une enquête

L'État hébreu « regrette profondément la mort des policiers égyptiens », a déclaré samedi le ministre israélien de la Défense Ehoud Barak, qui a ordonné à Tsahal l'ouverture d'une enquête et s'est engagé à y associer l'armée égyptienne.

Selon les autorités israéliennes, les membres du commando venaient de la bande de Gaza et s'étaient infiltrés en territoire israélien via le désert égyptien du Sinaï. M. Barak avait mis en cause jeudi l'affaiblissement du « contrôle égyptien sur le Sinaï » et le développement des activités islamistes dans la région depuis la chute de Hosni Moubarak en février, des accusations rejetées par Le Caire.

L'ambassadeur égyptien en Israël, Yasser Reda, « sera rappelé jusqu'à notification des résultats de l'enquête par les autorités israéliennes, a expliqué samedi le gouvernement égyptien. C'est la première fois que l'Égypte rappelle son ambassadeur en Israël depuis novembre 2000. Le Caire avait alors dénoncé un usage « excessif » de la force par les autorités israéliennes lors de la deuxième Intifida.

Manifestation devant l'ambassade d'Israël au Caire

Le rappel de M. Reda a été annoncé alors que plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés devant la représentation israélienne au Caire pour réclamer l'expulsion de l'ambassadeur israélien. Mohammed Adel, un des leaders du soulèvement qui a débouché sur la chute de Hosni Moubarak en février, a salué la décision du gouvernement égyptien. « Cela prouve à tous que la révolution égyptienne est capable d'imposer ses règles à l'ennemi israélien », a-t-il commenté.

En dépit de cette crise diplomatique, le traité de paix signé en 1979 entre l'Égypte et Israël reste « stable », ont assuré des responsables israéliens. Amos Gilad, un haut responsable du ministère israélien de la Défense, a pour sa part souligné que « personne n'a eu l'intention » de s'en prendre « à des personnels de sécurité égyptiens ».

Ce coup de froid dans les relations bilatérales intervient sur fond de regain de tensions dans la région. L'aviation israélienne a mené vendredi pour la deuxième journée consécutive une série de raids dans la bande de Gaza, en riposte aux attentats de jeudi.

Les bombardements ont notamment visé des installations des Comités de résistance populaire (CRP), le mouvement radical palestinien auquel l'État hébreu attribue les attentats. Ces raids ont fait 12 morts, selon un bilan palestinien, tandis que neuf Israéliens ont été blessés par des roquettes tirées de la bande de Gaza sur le sud d'Israël, d'après les autorités israéliennes.

Associated Press

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