Série d'attaques en Israël suivies d'un raid israélien à Gaza

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse, Reuters, Haaretz et YNet
Un policier israélien se tient à côté de l'autobus attaqué par un commando armé, le 18 août 2011. Un policier israélien se tient à côté de l'autobus attaqué par un commando armé, près d'Eilat, dans le sud d'Israël, le 18 août 2011.   © AFP/Yehuda Ben Itah

Sept personnes ont été tuées et plus d'une vingtaine d'autres ont été blessées, jeudi, dans une série d'attaques en Israël. Quelques heures plus tard, un raid israélien à Gaza a causé la mort de cinq activistes palestiniens.

Les attentats en Israël ont été commis dans la région d'Eilat, sur la mer Rouge, près des frontières égyptiennes et jordaniennes.

Les assaillants « ont fait feu sur un autobus en route pour Eilat et ont tiré une roquette antichar sur un autre véhicule », a fait savoir l'armée israélienne. « Au même moment, une patrouille militaire a heurté un engin explosif. »

Un porte-parole de l'armée, Yoav Mordechaï, a précisé que des « civils et des militaires ont été touchés » dans cette attaque qu'il juge « bien planifiée ».

Selon la radio militaire israélienne, sept assaillants ont été tués par les forces de sécurité au terme d'une chasse à l'homme.

Les médias israéliens affirment que l'autobus qui a fait l'objet de la première attaque près de la frontière égyptienne a été pris d'assaut vers midi par des hommes armés arrivés en voiture.

Le véhicule transportait des soldats israéliens en provenance de Beer Sheva. Les soldats auraient riposté en ouvrant le feu sur les assaillants. Sept soldats auraient été blessés dans cette attaque, affirme la radio militaire israélienne.

Selon Haaretz, les forces de sécurité israéliennes sont arrivées dans le secteur environ 30 minutes plus tard, et plusieurs bombes artisanales ont alors explosé. Le quotidien israélien soutient en outre qu'une roquette antichar a été tirée depuis l'Égypte.

L'incident le plus meurtrier se serait produit vers 13 h, heure locale, lorsqu'un véhicule privé a été atteint par une roquette antichar près de Beer Ora, à une quinzaine de kilomètres au nord d'Eilat, cette fois près de la frontière jordanienne.

Cinq activistes palestiniens tués à Gaza

Quelques heures après les attaques dans le Sinaï, l'aviation militaire israélienne a mené un raid qui a fait cinq morts à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza.

Le Comité de résistance populaire (CRP) a fait savoir que son chef Kamal al Naïrab et quatre de ses hommes ont été tués par ce raid.

Le ministre Barak a confirmé le raid lors d'une conférence de presse, affirmant qu'il « visait des militants des CRP ».

Des attaques qui viennent de Gaza, dit Barak

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou soutient que ces attaques contre les Israéliens constituent une « atteinte à la souveraineté de l'État » et a averti qu'« Israël réagira en conséquence ».

Le ministre israélien de la Défense, Ehoud Barak, a pour sa part déclaré que ces attaques « viennent de Gaza » et a menacé de « réagir avec toute la force et la détermination » nécessaires.

« Il s'agit d'une grave attaque terroriste coordonnée, qui traduit l'affaiblissement du contrôle de l'Égypte sur la péninsule du Sinaï et l'extension de l'activité terroriste », a-t-il déclaré dans un communiqué.

Le Hamas nie toute implication

Le mouvement islamiste palestinien Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, dément être impliqué dans les attaques contre Israël. « Le gouvernement dément les accusations de Barak sur les incidents à Eilat et affirme qu'il n'y a pas de lien entre la bande de Gaza et ce qui est arrivé près d'Eilat », a déclaré à l'AFP un porte-parole du Hamas, Taher al-Nounou.

« Ces accusations sont une tentative pour détourner l'attention de la crise intérieure sociale en Israël », a-t-il ajouté, en référence au mouvement de contestation qui agite Israël depuis la mi-juillet.

En Égypte, le gouverneur du Nord-Sinaï, Abdel Wahab Mabrouk, assure que les auteurs des attaques ne sont pas venus du territoire égyptien. « Comment Israël sait-il qu'ils sont venus du Sinaï? Quelles sont ses preuves? », a-t-il déclaré devant les journalistes.

Des sources de la sécurité égyptienne s'exprimant sous couvert de l'anonymat à l'AFP ont aussi démenti que les assaillants se soient infiltrés de la bande de Gaza et soient passés en Israël à partir du territoire égyptien.

L'armée et la police égyptiennes mènent depuis quelques jours dans le Sinaï une opération contre les membres d'un groupe islamiste soupçonné d'avoir fait exploser un gazoduc liant l'Égypte à Israël et d'avoir attaqué un poste de police dans la ville d'Al-Arich.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a condamné ces attaques. Il dit être « inquiet du risque d'escalade [de la violence] et appelle toutes les parties à la retenue », selon ce qu'a déclaré le porte-parole adjoint de l'ONU, Farhan Haq.

« Le secrétaire général espère que les auteurs [de ces attaques] seront rapidement identifiés et traduits en justice », a ajouté le porte-parole de l'ONU.

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