William Newell lors d'une conférence sur la saisie d'armes illégales, le 25 janvier 2011.
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PC/Matt York
La Chambre des représentants enquête sur une opération du gouvernement américain contre le trafic d'armes entre les États-Unis et le Mexique, qui est en train de plonger Washington dans l'embarras.
Lancée en 2009 par des agents du Bureau de l'alcool, du tabac et des armes à feu (ATF), à Phoenix, l'opération Fast and Furious avait pour but de remonter la filière du trafic d'armes entre les États-Unis et le Mexique. La stratégie était de laisser entrer au Mexique, sans avertir les autorités mexicaines, des armes achetées illégalement à Phoenix et destinées aux cartels de la drogue. Les enquêteurs espéraient qu'en suivant la trace de ces armes, ils remonteraient ainsi jusqu'aux chefs des cartels, qu'ils pourraient alors arrêter.
Or, les autorités ont perdu la trace des trois quarts des armes qu'ils ont laissé entrer au Mexique.
Plus de 2000 armes, comprenant des AK-47 et des calibres .50, ont été vendues dans le cadre de cette opération. Selon un responsable de l'ATF, 227 de ces armes ont été retrouvées au Mexique et 363 aux États-Unis. On ignore où se trouve les quelque 1400 autres.
Un rapport du Congrès dit que 122 armes ont été retrouvées sur 48 scènes de crimes au Mexique ou interceptées alors qu'elles s'apprêtaient à être livrées à des cartels.
Le scandale a éclaté en 2010, lorsqu'un agent du contrôle des frontières, Brian Terry, a été tué par balle. Sur le lieu de la fusillade, les autorités de l'ATF ont retrouvé deux AK-47 qui avaient été vendus illégalement en 2009 dans le cadre de l'opération.
Devant les représentants, les responsables du programme, notamment l'ancien agent spécial William Newell, qui supervisait le Bureau de Phoenix de l'ATF, ont admis que des erreurs avaient été commises dans le cadre de l'opération. Mais ils ont nié avoir laissé entrer délibérément des armes au Mexique.
Leurs réponses n'ont pas convaincu les membres du comité de la Chambre des représentants. Le républicain Darrell Issa, qui préside le comité, a accusé M. Newell, lors de son témoignage, d'être « payé pour ne rien dire ». Il lui a également lancé : « Vous avez droit à votre opinion, mais vous ne pouvez ignorer les faits ».
Le président du comité accuse aussi le département de la Justice de faire obstruction à l'enquête en refusant de fournir des documents ou des détail sur l'opération.