Afrique de l'Est : les organismes humanitaires tirent la sonnette d'alarme

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse et Associated Press
Bashir Hassan, 4 ans, et sa famille, des Somaliens qui sont arrivés au camp de Dadaab, au Kenya, il y a 11 jours, attendent l'autobus qui les amèner au centre où ils pourront s'enregistrer, ce qui leur permettra de recevoir des rations de nourritu Bashir Hassan, 4 ans, et sa famille, des Somaliens qui sont arrivés au camp de Dadaab, au Kenya, il y a 11 jours, attendent l'autobus qui les amèner au centre où ils pourront s'enregistrer, ce qui leur permettra de recevoir des rations de nourriture.   © AFP/Roberto Schmidt

Devant la sécheresse meurtrière qui sévit dans la Corne de l'Afrique, de nombreux organismes humanitaires, dont plusieurs agences de l'ONU, réclament l'aide de la communauté internationale.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) ainsi que l'organisme Oxfam ont lancé un appel commun pour que la communauté internationale déploie « les moyens politiques, moraux et financiers » pour répondre à la crise qui touche la Somalie, Djibouti, l'Éthiopie, le Kenya et l'Ouganda.

« Les populations nécessitant une aide d'urgence sont passées de 6,3 millions d'individus début 2011 à 10 millions aujourd'hui - soit une augmentation de 40 % », indiquent-ils dans leur communiqué.

Évoquant entre autres le séisme ayant secoué Haïti, en janvier 2010, ou encore le récent conflit en Libye, ils notent que les pays sont intervenus plus rapidement pour certaines tragédies ponctuelles.

« Les crises humanitaires à évolution lente telles que l'aggravation de la sécheresse dans la Corne de l'Afrique n'ont pas reçu la même attention, exposant des millions de femmes, d'hommes et d'enfants aux dévastations de la faim et de la malnutrition. » — Extrait du communiqué du PAM, du FAO et d'Oxfam

Plusieurs ONG britanniques se sont également unies pour lancer un appel conjoint, comme l'ont fait des organisations caritatives canadiennes plus tôt cette semaine.

Des centaines de milliers d'enfants menacés

Un enfant souffrant de malnutrition sévère est étendu sur le sol d'un hôpital de Mogadiscio. Ces deux dernières semaines, des milliers de Somaliens ont convergé vers la capitale en raison de la sécheresse. Un enfant souffrant de malnutrition sévère est étendu sur le sol d'un hôpital de Mogadiscio. Ces deux dernières semaines, des milliers de Somaliens ont convergé vers la capitale en raison de la sécheresse.   © PC/AP/Farah Abdi Warsameh

Le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF) réclame de son côté 30,6 millions de dollars canadiens. L'UNICEF précise que plus de 2 millions d'enfants de la région souffrent de malnutrition, ce qui risque de nuire à leur développement physique et mental, voire de menacer leur survie.

« La pire sécheresse qu'ait connue la région en 60 ans, la hausse des prix des denrées alimentaires de base et le conflit qui déchire la Somalie depuis des années », provoquant de « grands déplacements de population », ont fait en sorte que la situation s'est grandement dégradée, ajoute l'organisme.

« Un demi-million de ces enfants sont en danger de mort
à l'heure actuelle. » — Extrait du communiqué de l'UNICEF

Le Haut-Commissariat aux réfugiés, préoccupé par la Somalie

Le Haut-Commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR) lance pour sa part un appel pressant en faveur de la Somalie, ravagée par une guerre civile en plus d'être confrontée à cette sécheresse historique.

L'ONU a récemment déploré une « tragédie humaine inimaginable ».

Des dizaines de milliers de Somaliens fuient les violences et la famine vers l'Éthiopie et le Kenya. Plus de 135 000 Somaliens s'y sont réfugiés depuis le début de l'année, dont 54 000 en juin seulement.

Quelque 1700 Somaliens arrivent chaque jour dans la région de Dolo Ado, en Éthiopie, à la recherche d'eau et de nourriture, selon le HCR qui s'inquiète d'un manque de financement pour les opérations humanitaires.

« De nombreuses personnes meurent en chemin », a indiqué une porte-parole du HCR, sur la foi de témoignages. Elle a fait état de récits « atroces » de mères qui ont perdu leurs enfants alors que les familles fuyaient le pays.

Au Kenya, le camp de Dadaab - le plus grand camp de réfugiés au monde - a de plus en plus de difficulté à assurer les besoins essentiels des réfugiés, comme l'accès à l'eau, l'éducation et les conditions sanitaires de base. Conçu pour 90 000 personnes, il abrite 380 000 réfugiés, dont 30 000 sont arrivés en juin dernier.

« S'il y a une population qui aujourd'hui endure la pire tragédie humanitaire au monde, c'est la population somalienne », a soutenu le haut-commissaire du HCR, Antonio Guterres, après avoir visité des camps de réfugiés somaliens en Éthiopie.

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