Le Hezbollah exclut l'arrestation de quatre suspects de son mouvement

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Le chef du Hezbollah libanais, Hassan Nasrallah Le chef du Hezbollah libanais, Hassan Nasrallah, livre un discours retransmis à la télévision.  Photo :  AFP/ANWAR AMRO

Le Hezbollah libanais a rejeté samedi toute décision du tribunal de l'ONU qui enquête sur l'assassinat de l'ancien premier ministre Rafic Hariri. Dans un long discours qui a été télévisé, son chef Hassan Nasrallah a exclu l'arrestation de quatre suspects de son mouvement qui ont été cités dans les mandats d'arrêt.

Il a ainsi déclaré que « nous rejetons ce tribunal et tous les verdicts et les accusations nuls et non avenus qui en émanent » en dénonçant une enquête « truquée » et des enquêteurs « corrompus et hostiles » au Hezbollah.

« Ce tribunal est pour nous un pur produit israélo-américain. » — Hassan Nasrallah

De plus, le chef du puissant Hezbollah libanais a aussi écarté toute possibilité de nouvelle guerre civile ou d'affrontements entre musulmans sunnites et chiites. Selon lui, le tribunal cherche à attiser les tensions confessionnelles au Liban. Il a souligné qu'il échouerait.

Concernant les demandes de l'opposition dirigée par le sunnite Saad Hariri, le fils de Rafic Hariri, afin d'obtenir l'arrestation par le gouvernement Mikati des quatre suspects, Hassan Nasrallah a dit « ne faites pas porter à ce gouvernement des responsabilités qu'il ne peut assumer ».

Il a précisé que les quatre membres du Hezbollah qui sont mentionnés dans l'acte d'accusation « ont un passé honorable dans la lutte contre l'occupation », faisant référence à Israël.

Jeudi dernier, le Tribunal spécial pour le Liban a remis un acte d'accusation sous scellé et quatre mandats d'arrêt à Saïd Mirza, le procureur général à Beyrouth. Ils concernent quatre suspects du Hezbollah : Moustafa Badreddine, Salim Ayyash, Assad Sabra et Hussein Anaissi.

Ces quatre suspects sont membres d'une cellule qui était chargée de planifier et d'exécuter l'attentat à la camionnette piégée perpétré à Beyrouth en 2005 qui avait notamment coûté la vie à l'ancien premier ministre Hariri, selon la presse locale.

La réaction du chef de Hezbollah n'est pas surprenante puisque dès 2010, il s'attendait à ce que son mouvement soit mis en cause par le Tribunal spécial pour le Liban. Il avait même menacé de « couper la main » de celui qui arrêterait des membres du parti chiite.

Depuis, le Hezbollah a lancé une campagne de dénigrement de ce tribunal, l'accusant d'être « à la solde d'Israël et des États-Unis » qui le considèrent comme une organisation terroriste. Il avait répété qu'il ne resterait pas les bras croisés si l'un de ses membres était arrêté.

En janvier dernier, le Hezbollah et ses alliés ont fait tomber le gouvernement de Saad Hariri après avoir tenté en vain de le pousser à désavouer le tribunal mis en place par l'ONU pour enquêter sur l'assassinat de Rafic Hariri.

L'émission de mandats d'arrêt survient à un moment délicat pour le Hezbollah. En effet, le président syrien Bachar Al-Assad, qui est son allié, fait face à une contestation populaire inédite depuis mars dernier.

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