Manon Massé, de Québec solidaire, sera à bord du Tahrir
Des militants québécois s'envolent dimanche pour la Grèce, d'où ils entament une expédition vers Gaza pour briser le blocus imposé par Israël. Ils seront à bord de la flottille Liberté II de 11 navires, dont le bateau canadien Tahrir.
Ils comptent rééditer une opération effectuée en 2010, au cours de laquelle neuf militants avaient perdu la vie, après que leur flottille eut été attaquée par l'armée israélienne. Quarante-cinq personnes avaient également été blessées.
La délégation québécoise est formée de Stéphan Corriveau, l'un des organisateurs du bateau canadien, Marie-Ève Rancourt, avocate et représentante de la Ligue des droits et libertés du Québec, Manon Massé, représentante de Québec solidaire et Santiago Bertolino, cinéaste.
Pour le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, cette initiative est une « action provocatrice ».
Marie-Ève Rancourt et Manon Massé se disent conscientes des risques encourus, mais jugent l'action nécessaire.
Marie-Ève Rancourt et Manon Massé, qui doivent livrer des médicaments et du matériel médical aux habitants de Gaza, s'attendent néanmoins à ce que le gouvernement canadien assure leur protection si l'aventure humanitaire tourne au vinaigre.
Le Mavi Marmara ne sera pas du voyage
Au total, 11 navires quitteront la Grèce dans les prochains jours. Le Mavi Marmara, attaqué par un commando israélien en mai 2010, devait être à nouveau le navire amiral de la flottille, mais le porte-parole des organisateurs de l'expédition, le musicien israélo-suédois Dror Feiler, a annoncé vendredi sa défection, invoquant des raisons techniques.
Israël s'est aussitôt félicité de la défection du Mavi Marmara. Sous couvert de l'anonymat, dans une déclaration à l'AFP, un responsable israélien a qualifié cette décision de « positive » et a dit espérer qu'elle contribuera au rétablissement des relations normales entre Israël et la Turquie.
Au lendemain de l'attaque israélienne contre la flottille humanitaire en 2010, le président turc Abdullah Gül avait affirmé que les relations avec Israël, ancien allié stratégique d'Ankara, ne seraient « plus jamais les mêmes ».