Importante manifestation en soutien à Ratko Mladic à Belgrade

  |  Radio-Canada avec Reuters et Agence France-Presse
Manifestation à Belgrade Ces manifestants dénoncent l'arrestation de Ratko Mladic.   © AFP/Attila Kisbenedek

Environ 10 000 personnes ont manifesté dimanche, à Belgrade, pour dénoncer l'arrestation de l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic.

La manifestation était organisée par le Parti radical serbe (SRS), parti d'ultranationalistes, sous l'oeil d'un nombre imposant de policiers.

Le grand rassemblement était le premier événement organisé depuis l'arrestation de Ratko Mladic, jeudi, dans le nord-est de la Serbie, après 16 ans de cavale.

Jusqu'ici, son arrestation n'avait provoqué que certains rassemblements spontanés de quelques centaines de personnes.

Quelques heurts entre manifestants et policiers ont eu lieu vers la fin de la manifestation. Les manifestants ont lancé des pierres aux policiers, qui ont rapidement maîtrisé les protestataires.

Selon les forces policières, cinq manifestants et deux policiers ont été blessés dans les affrontements et 70 personnes ont été arrêtées.

Avant le rassemblement, le SRS avait appelé à une « manifestation pacifique ».

Par l'entremise de son avocat, Ratko Mladic avait aussi lancé un appel au calme, demandant à ses partisans d'éviter tout « bain de sang » ou « émeute ».

Éviter les débordements

Des centaines de policiers antiémeutes avaient été déployés dans les rues de Belgrade pour éviter les débordements.

Rappelons que des violences avaient éclaté à Belgrade le 29 juillet 2008, le soir du transfèrement vers La Haye de l'ancien chef politique des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic.

Des centaines de jeunes gens avaient affronté les forces de l'ordre, à l'issue d'une manifestation qui avait rassemblé près de 15 000 personnes. Un manifestant avait été tué.

Les groupuscules de la mouvance ultranationaliste sont composés pour la plupart de très jeunes gens, issus souvent des clubs de partisans d'équipes de football et qui font parler d'eux régulièrement en Serbie en recourant à la violence et à la casse.

En attente du transfert de Ratko Mladic vers La Haye

Le transfert de Ratko Mladic vers le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) se fera dès lundi ou mardi, selon le président du Tribunal par intérim, le juge Mehmet Guney, cité dimanche par l'agence de presse turque Anatolie.

De son côté, l'avocat de Ratko Mladic entend faire appel lundi de cette décision d'extradition prise par le Tribunal serbe pour les crimes de guerre.

Ratko Mladic devra répondre à des accusations de génocide, complicité de génocide, persécutions, extermination, déportation, crimes contre l'humanité et violations des lois et coutumes de guerre pour des faits commis durant la guerre en Bosnie (1992-1995). Il risque la prison à vie, notamment pour le massacre de 8000 hommes et garçons musulmans à Srebrenica.

Trois juges examineront cet appel et disposeront d'un délai de trois jours pour rendre leur décision. Si l'appel est rejeté, le ministère de la Justice de la Serbie signera l'ordre de transfèrement.

Mladic dit n'avoir « rien à voir » avec le massacre de Srebrenica

Par l'entremise de son fils Darko, Ratko Mladic a assuré dimanche n'avoir rien à voir avec le massacre de Srebrenica.

Selon son fils, l'ex-chef des forces serbes de Bosnie a affirmé avoir ordonné « d'évacuer d'abord les blessés, les femmes et les enfants, puis les combattants » à Srebrenica. Darko Mladic a ajouté que son père avait répété « qu'il n'avait rien à faire avec cela [le massacre] » et ce qui a « pu être fait derrière son dos ».

C'est la première fois depuis son arrestation que Ratko Mladic fait savoir qu'il ne se considère pas comme responsable du massacre de Srebrenica.

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