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Syrie : une fosse commune aurait été découverte à Deraa

Mise à jour le lundi 16 mai 2011 à 9 h 01

Syrie : une fosse commune aurait été découverte à Deraa

Des soldats libanais encadrent des Syriens à leur arrivée à Wadi Khaled, au Liban

Photo: AFP/Anwar Amro

Des soldats libanais encadrent des Syriens à leur arrivée à Wadi Khaled, au Liban

Une fosse commune a été découverte lundi à Deraa, dans le sud de la Syrie, a indiqué un militant des droits de la personne à l'Agence France Presse.

Des habitants de la région, autorisés par l'armée à sortir de leur maison deux heures par jour, « ont découvert une fosse commune dans la vieille ville, mais les autorités ont aussitôt mis en place un périmètre autour de la zone pour empêcher les habitants de chercher les corps, promettant que certains seraient remis plus tard », a indiqué Ammar Qurabi, de l'Organisation nationale pour les droits de l'homme en Syrie, joint par téléphone en Égypte.

M. Qurabi ignorait le nombre de personnes enterrées dans la fosse commune.

Depuis la mi-mars, Deraa est le foyer de la révolte populaire contre le régime du président syrien Bachar Al-Assad, qui s'est depuis étendue dans le reste du pays.

Comme les journalistes ne sont pas admis en Syrie, la confirmation des informations demeure difficile.

Les proches des opposants traqués

Selon l'organisation américaine Human Rights Watch, le régime de Bachar Al-Assad traque désormais les proches des opposants politiques et des défenseurs des droits de l'homme.

« Les dirigeants de la Syrie parlent d'une guerre contre des terroristes, mais ce que nous voyons sur le terrain, c'est une guerre contre des Syriens ordinaires, des avocats, des militants des droits de l'homme, des étudiants, qui réclament une réforme démocratique », a déclaré dans un communiqué Sarah Leah Whitson, directrice de l'organisation pour le Proche-Orient.

Selon l'ONG, les forces de sécurité ont dans certains cas détenu des proches et des voisins d'opposants au régime du parti Baas afin de savoir où ces derniers se trouvent.

« Le gouvernement syrien exploite toutes les solutions possibles pour détenir et punir ceux qui appellent à des réformes civiques dans le pays », a ajouté Mme Whitson, indiquant que beaucoup de militants avaient réagi en décidant de cacher leurs familles.

Manifestations des réfugiés au Liban

Par ailleurs, des dizaines de réfugiés syriens manifestaient lundi dans le nord du Liban pour réclamer la chute du gouvernement.

« La population veut la chute du régime », scandait la foule réunie du côté libanais de Al-Boqayaa, un point de passage illégal généralement emprunté par des contrebandiers et devenu une passerelle vers le Liban pour des centaines de Syriens au cours des derniers jours.

Dimanche, des bombardements et des tirs des forces de sécurité syriennes dans le secteur de Tall Kalakh, près de la frontière entre le nord du Liban et la Syrie, ont fait au moins huit morts.

Des coups de feu sporadiques pouvaient encore être entendus lundi de l'autre côté de la frontière, selon le journaliste de l'AFP présent à Wadi Khaled, dans le nord du Liban.

De nombreux réfugiés rencontrés au poste-frontière d'Al-Boqayaa ont raconté lundi que l'armée syrienne encerclait Tall Kalakh, et qu'ils ont donc dû profiter de la nuit pour se sauver en se faufilant dans les vergers.

« Les blessés gisent dans les rues aux côtés des cadavres et personne n'ose les emmener à l'hôpital », a déclaré un réfugié refusant de donner son nom par crainte de représailles.

Selon un autre réfugié cité par l'AFP, les musulmans alaouites - une branche du chiisme, au pouvoir en Syrie - des villages voisins de Tall Kalakh ont commencé à prendre les armes contre les sunnites, majoritaires parmi les 20 millions de Syriens.

La révolte populaire contre le régime du président Bachar Al-Assad, qui a succédé à son père Hafez en 2000, a éclaté le 18 mars à Deraa, dans le sud de la Syrie. Au départ, les manifestants exigeaient la levée de l'état d'urgence et la fin de la suprématie du parti Baas. Ils demandent désormais la fin du régime.

Selon des organisations des droits de la personne, au moins 850 personnes ont été tuées en Syrie depuis le début de la contestation, et 8000 autres ont été arrêtées ou sont portées disparues.

Radio-Canada.ca avecAgence France Presse

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