![]() Mise à jour le vendredi 25 novembre 2011 à 10 h 51 HAE Cameroun : Le règne de Paul Biya se poursuit
Le président sortant du Cameroun, Pau Biya, a été reporté au pouvoir pour un sixième mandat lors du scrutin du 9 octobre dernier. La Cour suprême, qui a rejeté 15 recours en annulation de l'élection, a déclaré M. Biya vainqueur avec une majorité écrasante de 77,9 % des voix et un taux de participation de 65,82 %. Près de 30 ans après son arrivée au pouvoir, Pau Biya a ainsi récolté 3 772 527 votes devant son vieux rival du Social Democratic Front (SDF), John Fru Ndi, qui a obtenu 10,71 % des suffrages exprimés. Ce dernier, âgé de 70 ans, se présente à chaque scrutin contre M. Biya depuis l'avènement du pluralisme à l'élection présidentielle de 1992. Les États-Unis et la France ont toutefois critiqué le déroulement du scrutin. L'ambassadeur américain au Cameroun a dénoncé des « irrégularités à tous les niveaux ». Quant à la France, elle a révisé sa position : après avoir déclaré l'élection acceptable, elle a dénoncér de « nombreuses défaillances et irrégularités ». M. Biya, au pouvoir depuis 1982, avait tardé à annoncer sa candidature, mais ses intentions semblaient claires. L'homme de 78 ans avait dirigé la réécriture de la Constitution, en 2008, de manière à faire lever le verrou qui l'empêchait d'exercer plus de deux mandats. Paul Biya est un président discret, voire absent, qui espère continuer à diriger cette ancienne colonie française de l'Afrique centrale. Discret, parce que l'homme s'exprime peu. Absent, parce qu'il fait de longs séjours à l'étranger, notamment en Suisse. Dans ses premières années de présidence, Paul Biya, avec son discours moderne, était un homme populaire. Aujourd'hui, face à un système bien huilé de conservation du pouvoir, plusieurs Camerounais n'expriment que du cynisme. Le foisonnement des partis politiques favorise la division du vote. Lors du dernier scrutin présidentiel, pas moins de 22 candidats se sont présentés contre Paul Biya. Selon l'organisme Transparency International, la corruption est généralisée. Le Cameroun est composé majoritairement de chrétiens, mais une partie de la population (20 %) est de confession musulmane. On y parle plus de 200 langues, mais le français et l'anglais sont les deux langues officielles.
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