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Libye : l'ONU retire son personnel de Tripoli

Mise à jour le dimanche 1 mai 2011 à 19 h 42

Libye : l'ONU retire son personnel de Tripoli

Des partisans de Mouammar Kadhafi protestent devant une maison de Tripoli détruite la veille par les forces de l'OTAN, selon le régime

Photo: AFP/Mahmud Turkia

Des partisans de Mouammar Kadhafi protestent devant une maison détruite la veille par les forces de l'OTAN, selon le régime

L'Organisation des Nations unies a décidé, dimanche, de rappeler l'ensemble de son personnel basé à Tripoli, capitale de la Libye.

L'ONU explique sa décision par le climat d'insécurité qui règne dans la ville au lendemain de la mort de Saif al-Arab Kadhafi, un des fils du dirigeant Mouammar Kadhafi, tué dans une frappe de l'OTAN.

Une correspondante de l'AFP a rapporté que des manifestants ont saccagé l'ambassade d'Italie et des demeures des ambassadeurs d'Italie et de Grande-Bretagne, deux pays qui participent à l'intervention de l'Alliance atlantique. À la suite de ces attaques, Londres a expulsé l'ambassadeur libyen au Royaume-Uni.

Le régime avait annoncé, samedi, qu'un raid de l'OTAN avait tué le plus jeune fils de M. Kadhafi ainsi que trois de ses petits-fils.

L'Alliance atlantique a reconnu avoir frappé « un poste de commandement et de contrôle » dans la région, mais n'a pas confirmé les décès des proches du dirigeant libyen.

Le gouvernement libyen a démenti, dimanche, l'existence de ces installations dans le quartier bombardé par l'OTAN.

Le vice-ministre des Affaires étrangères, Khaled Kaim, a également nié les accusations de certains médias qui ont laissé entendre que le régime avait inventé les morts, assurant que des dignitaires religieux avaient pu voir les corps à l'hôpital.

Il s'est par ailleurs engagé à évaluer et à réparer les dommages contre les bâtiments abritant les représentations diplomatiques.

Le port de Misrata incendié

Pendant ce temps, le port de Misrata était en feu, dimanche soir, après des bombardements des forces du régime qui ont causé deux morts.

Seul ce port permet l'approvisionnement de la ville rebelle assiégée par les troupes pro-Kadhafi et dont les accès terrestres sont bloqués depuis des semaines.

Peu avant 16 h GMT, des dizaines de roquettes se sont abattues sur le port, démolissant l'entrée principale protégée par des combattants de l'insurrection. Deux d'entre eux ont été tués, selon des habitants de Misrata et des journalistes occidentaux.

Vers 17 h 30 GMT, les violentes frappes de l'armée de Tripoli se poursuivaient.

Des explosions semblaient également provenir des alentours de l'aéroport où se concentrent les affrontements depuis quelques jours. À partir de midi GMT, les soldats loyalistes ont frappé la zone, faisant plusieurs morts parmi les insurgés, selon des journalistes de l'AFP.

La Tunisie sur un pied d'alerte à la frontière

Un agent fouille une voiture avec un chien au poste-frontière de Dehiba, le 25 avril.

Photo: AFP/Borni Hichem

Un agent fouille une voiture avec un chien au poste-frontière de Dehiba, le 25 avril.

En Libye, de nouveaux affrontements entre les forces kadhafistes et les rebelles ont éclaté dimanche à la frontière tunisienne, près de la ville de Warzin.

Par mesure de précaution, les autorités tunisiennes ont fait évacuer les populations locales et ont fermé le poste-frontière Dehiba-Warzin.

Plusieurs incidents frontaliers ont eu lieu au cours des derniers jours, les troupes kadhafistes traquant les rebelles dans le massif du Nefoussa.

Jeudi dernier, des soldats de l'armée libyenne ont mené un raid contre le poste-frontière, pénétrant même en Tunisie de quelques kilomètres. L'attaque a fait des blessés côté tunisien et provoqué la panique dans la population de Déhiba.

Depuis, la Tunisie a déployé son armée à quelques centaines de mètres de la frontière et y a installé des postes de combat.

Un flot de réfugiés toujours croissant

Des enfants dans un camps de réfugiés à Dehiba, le 25 avril.

Photo: AFP/Borni Hichem

Des enfants dans un camps de réfugiés à Dehiba, le 25 avril.

Pendant ce temps, des membres de la Protection civile tunisienne accueillent par centaines les réfugiés libyens. Ils leur donnent les premiers soins et évacuent les blessés vers les hôpitaux de Dehiba et de Tataouine.

Les réfugiés sans ressources sont envoyés dans le tout premier camp de réfugiés après la frontière. Installé dans la ville de Dehiba, ce camp a été mis en place par les Émirats arabes unis et est géré par le Croissant-Rouge tunisien. Dimanche, on y recensait plus de 1500 personnes.

Le nombre de réfugiés en provenance de la Libye ne cesse d'augmenter depuis le début du conflit. Selon le Haut commissariat des Nations unies aux réfugiés, ils sont plus de 24 000 à avoir traversé la frontière depuis le 6 avril. Samedi, la police tunisienne a enregistré le chiffre record de 4970 réfugiés libyens en une journée.

Selon Seham Sergewa, professeur de psychologie à l'université de Gar Younès à Benghazi, ces réfugiés ont non seulement besoin d'aide matérielle, mais aussi d'assistance psychologique.

« Dans le camp de Dehiba, j'ai pu constater jusqu'à présent trois cas de viols, quatre cas de stress post-traumatique, 16 cas de dépression et 15 cas de traumatismes chez des enfants », a expliqué le médecin à l'Associated Press.

Radio-Canada.ca avecAgence France Presse, Associated Press et Reuters

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