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Le gel des avoirs de Kadhafi inégalement appliqué dans le monde

Mise à jour le dimanche 24 avril 2011 à 12 h 46

Le gel des avoirs de Kadhafi inégalement appliqué dans le monde

Le gel des avoirs du dictateur libyen Mouammar Kadhafi et de sa famille, voté à l'ONU, n'est pas respecté dans plusieurs endroits du globe, selon un reportage du Los Angeles Times publié dimanche.

Mouammar Kadhafi, au Sommet sur la sécurité alimentaire organisé par la FAO en 2009 à Romelboisvert.

Photo: AFP/Filippo Monteforte

Mouammar Kadhafi, au Sommet sur la sécurité alimentaire organisé par la FAO, en 2009, à Rome.

Le dirigeant libyen, qui fait face à un mouvement de rébellion dans son pays, continue d'avoir accès à une partie de ses actifs à l'étranger.

Bien que les États-Unis et l'Union européenne aient réussi à bloquer plus de 60 milliards de dollars, seulement une poignée d'États ont confirmé au Conseil de sécurité de l'ONU avoir gelé les avoirs libyens, selon le Los Angeles Times.

Plusieurs pays n'ont jusqu'à maintenant rien fait, ou très peu, pour bloquer les fonds sur leur territoire, notamment en Afrique et au Moyen-Orient.

L'inefficacité de certains de ces gouvernements s'explique en partie par des intérêts économiques liés à la Libye et, pour certains, tout simplement par leur impuissance à enquêter et à repérer les actifs du dictateur.

« Le fait est que la Libye sera toujours capable de retirer des fonds de banques qui sont tout simplement hors de la portée des États-Unis, de l'Union européenne, et d'autres pays qui ont bien bloqué des fonds », explique Victor Comras, fonctionnaire au département d'État américain.

Kadhafi a été un paria sur la scène internationale pendant plusieurs décennies à cause de son implication dans des attentats terroristes. Les Nations unies ont toutefois levé en 2003 les sanctions qui lui avaient été imposées, puis les États-Unis ont fait de même l'année suivante, lorsque le dictateur libyen a abandonné l'élaboration de son programme d'armement nucléaire.

Le Fonds monétaire international rapportait en février dernier que les réserves fédérales libyennes s'élevaient à 104,5 milliards de dollars, ce qui représente suffisamment d'argent pour assurer les importations au pays pendant trois ans.

Des actifs au Barhein, dans BP et Juventus

Dans les dernières années, Kadhafi a investi beaucoup d'argent à l'étranger d'une manière qui lui permet de retirer ses fonds rapidement, expliquent les experts financiers. Certains de ses investissements ont été facilement repérés. L'Autorité d'investissements libyens, le fonds souverain national, a investi dans les principales banques et entreprises européennes, dont :

  • la banque germano-belge Fortis;
  • le géant bancaire italien UniCredit;
  • l'empire des médias britanniques Pearson;
  • la firme de défense italienne Finmeccanica;
  • la pétrolière BP;
  • l'équipe de soccer italienne Juventus.

Kadhafi a aussi beaucoup investi en Asie du Sud et dans le golfe Persique. Il détient notamment 60 % de la Corporation de la banque arabe du Bahrein, qui mène des activités dans plus de 22 pays.

Le dirigeant libyen a toujours accès à plusieurs fonds investis à l'étranger, notamment dans le pétrole au Kenya, et dans le tourisme et l'immobilier au Zimbabwe.

La Russie, l'Inde et la Chine - qui se sont abstenu lors du vote à l'ONU sur les sanctions contre la Libye - ont gelé certains des avoirs libyens sur leur territoire, mais ont rechigné devant la proposition occidentale d'ajouter davantage de personnes et d'entreprises à la liste de ceux dont les avoirs doivent être gelés, dont plusieurs compagnies pétrolières liées avec les trois pays.

Ce scénario international imparfait de gel des actifs libyens n'est pas sans rappeler celui de l'Irak de Saddam Hussein, qui était parvenu à contourner des sanctions semblables de la communauté internationale, ainsi que celle de l'Iran qui défie les sanctions qui lui sont imposées grâce à ses liens commerciaux avec des pays alliés du Tiers-Monde, note par ailleurs le Los Angeles Times.

Radio-Canada avec le Los Angeles Times

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