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Les paradoxes de la modernité indienne

Depuis la libéralisation économique, il y a 20 ans, l'Inde vit une croissance économique impressionnante qui a facilité l'émergence d'une nouvelle classe moyenne et un véritable boom de la consommation. Toutefois, cette modernisation de la société est loin d'avoir enrayé les structures ancestrales basées sur le système des castes.

Écoutez le reportage de Frank Desoer, diffusé à Dimanche magazine



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« - Les classes moyennes à la dérive » de Louis Chauvel

La classe moyenne indienne fait des emplettesBien qu'il n'existe pas de définition précise, on estime que la nouvelle classe émergente en Inde compte de 70 à 80 millions de personnes disposant d'un revenu de 10 000 à 30 000 dollars par année, soit 15 millions de foyers et 7 à 8 % d'une population de 1,2 milliard d'habitants.

Les « Indies », ces jeunes hommes et femmes âgés de 20 à 25 ans qui travaillent dans l'industrie high tech et qui n'hésitent pas à consommer, sont estimés à près de 10 millions de personnes.

Le taux de croissance des ventes de voitures est impressionnant : +13 % par an de 2007 à 2013. Autre symbole de l'essor de la consommation indienne : les technologies de l'information et de la communication. Il y a près de 600 millions d'usagers de téléphones portables et le nombre d'internautes atteindre les 150 millions sous peu.

Sources : Les Échos et Mc Kinsey Institute
Quartier d'affaires à Gurgaon, en Inde Quartier d'affaires à Gurgaon, en Inde   © Radio-Canada/Frank Desoer



Le rêve américain en péril

Aux États-Unis, la classe moyenne connaît un réel appauvrissement depuis environ 20 ans. Le rêve américain de prospérité matérielle et d'espoirs infinis pour les générations futures s'étiole et pourrait bientôt n'être qu'un souvenir. Rencontres avec des citoyens désillusionnés et avec le sénateur indépendant Bernie Sanders, un ardent défenseur de la classe moyenne américaine.

Écoutez le reportage de Frank Desoer, diffusé à Désautels

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- Le site du sénateur Sanders
- Obama's Speech on Reducing the Budget (Text)
- The Country We Believe In: Improving America's Fiscal Future (vidéo d'Obama)
- Pouvoir d'achat : une France « quasi révolutionnaire », Rue89

L'appauvrissement de la classe moyenne américaine en chiffres
  • 66 % des hausses de revenus de 2001 à 2007 ont été accordées au 1 % des Américains les plus riches;
  • 61 % des Américains en 2010 dépendent le plus souvent de leur prochain chèque de paye pour vivre (contre 49 %, il y a trois ans);
  • 36 % des Américains disent n'avoir aucune épargne-retraite;
  • En 1950, le salaire d'un haut dirigeant était 30 fois supérieur à celui d'un travailleur moyen. Aujourd'hui, le ratio est de 300 à 500 pour un;
  • Pour la première fois dans l'histoire américaine, plus de 40 millions d'Américains reçoivent des allocations alimentaires (food stamps);
  • Les 10 % des Américains les plus riches possèdent environ 50 % du revenu national.
Source : Business Insider
Une maison en vente à Miami   © AFP/Joe Raedle
En Europe aussiIl n'existe pas de définition universelle de la classe moyenne. Cela varie grandement d'un pays à l'autre en fonction du revenu et du statut socio-professionnel. Beaucoup d'économistes et de sociologues, cependant, s'entendent pour dire que la classe moyenne regroupe les familles dont les revenus se situent dans l'intervalle de 75 % à 150 % de la médiane.

C'est l'approche classique largement utilisée dans les comparaisons internationales. En 2008, le revenu de marché médian des ménages de deux personnes au Québec était de 58 000 dollars.

En Allemagne, on estime que la part de la classe moyenne dans le revenu national est passée de 65 % (1990) à 58,7 % (2009). En France, selon un sondage, la part des dépenses de consommation (hors achat de logement) chez les familles de classe moyenne est passée de 21 % des revenus (1979) à 36 % (2005). Le prix de l'immobilier a doublé en 10 ans. Un sondage récent montre que les deux tiers de la population craignent un déclassement social.

La classe moyenne mondialisée

Leo Saldanha, militant environnementaliste devant un égout à ciel ouvert à Bengalore (Inde) Leo Saldanha, militant environnementaliste devant un égout à ciel ouvert à Bangalore Leo Saldanha, militant environnementaliste devant un égout à ciel ouvert à Bangalore (Inde)   © Radio-Canada/Frank Desoer

Beaucoup d'emplois et de services, en particulier dans le secteur des technologies de l'information, ont été délocalisés vers l'Inde, ce qui contribue à sa croissance importante depuis 20 ans.

Aussi, l'envers de la médaille du déclin de la classe moyenne nord-américaine est l'essor fulgurant d'une nouvelle classe moyenne indienne composée de professionnels, d'analystes et d'ingénieurs évoluant dans les secteurs de pointe.

En revanche, cette nouvelle prospérité ne profite pas nécessairement à l'ensemble de la population.

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- Groupe du développement des affaires de CGI en Inde
- Site de la compagnie de technologies de l'information Infosys, qui s'occupe beaucoup du marché de l'Asie

Campus de la compagnie Infosys, près de Bengalore, en Inde Campus de la compagnie informatique Infosys, à Electronics City, près de Bengalore (Inde)   © Radio-Canada/Frank Desoer


Les partis politiques à l'assaut de notre classe moyenne

Le vote des électeurs de la classe moyenne représente un enjeu névralgique dans toute campagne politique. Dans leur discours, les partis politiques, tant au provincial qu'au fédéral, font souvent référence à la classe moyenne « écrasée par les impôts » et « véritable vache à lait de la société ». Mais cette perception correspond-elle à un mythe ou à la réalité?

Il appert, selon plusieurs sociologues et économistes, que l'effritement de la classe moyenne au Canada et en particulier au Québec est beaucoup moins marqué qu'il ne l'est aux États-Unis et dans certains pays européens.

Cela serait causé essentiellement par l'intervention de l'État, qui est parvenu à niveler les disparités de revenus engendrées par le marché.

Écoutez le reportage de Frank Desoer, diffusé à Désautels




Bangalore, les contrastes de l'Inde moderne

L'Inde connaît une croissance économique fulgurante depuis une vingtaine d'années, notamment en raison de l'essor du secteur des technologies de l'information.

La libéralisation de l'économie indienne a été accompagnée d'une augmentation importante de la consommation et de l'émergence d'une nouvelle classe moyenne.

Mais, en même temps que cette prospérité s'étendait, il y a aussi eu un accroissement des inégalités socioéconomiques, déjà très grandes dans ce pays.

Bangalore, dans le sud de l'Inde, en offre une bonne illustration. En compagnie d'un jeune entrepreneur indien, Frank Desoer propose une visite de cette ville qui incarne, à sa façon, les défis et les contrastes de l'Inde moderne.

Écoutez le reportage de Frank Desoer, diffusé à Désautels




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- « Qui s'enrichit, qui s'appauvrit 1976-2006 », recherche de l'IRIS
- Le Québec, un paradis pour les familles? Regards sur la famille et la fiscalité, Godbout et St-Cerny
- L'état du Québec 2011, dossier de l'Institut du Nouveau monde

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