![]() En profondeur L'OTAN reconnaît avoir tué des rebelles par erreur à Brega Mise à jour le vendredi 8 avril 2011 à 14 h 34 L'OTAN reconnaît avoir tué des rebelles par erreur à BregaL'OTAN a admis vendredi qu'elle a bombardé par erreur des chars appartenant aux rebelles libyens, jeudi, près de Brega, faisant au moins quatre morts.
Le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a exprimé ses vifs regrets pour les morts causées par ce raid. « C'est un incident très malheureux » et « je regrette vivement les morts » qu'il a occasionnées, a déclaré M. Rasmussen. Un peu plus tôt, un porte-parole de l'alliance militaire avait estimé que l'OTAN n'était pas responsable de cette erreur et avait refusé de s'excuser. « Il semble que deux de nos frappes hier aient pu provoquer la mort d'un certain nombre d'éléments [rebelles] qui opéraient avec des chars lourds », a déclaré le commandant adjoint de l'opération Protecteur unifié, le contre-amiral Russel Harding. « Mais je ne fais pas d'excuses ». Jusqu'à hier, nous n'étions pas informés que les forces du CNT [Conseil national de transition libyen] faisaient usage de chars. Le contre-amiral Russel Harding Le chef militaire des rebelles, le général Abdelfatah Younès, a dit jeudi soir que le raid de l'OTAN a fait quatre morts, soit 2 rebelles et 2 médecins, 14 blessés et 6 disparus. Selon lui, l'état-major de la rébellion avait averti à l'avance l'OTAN de son intention de placer, pour la première fois, des chars lourds, T-55 et T-72, sur le champ de bataille. Nous les avons informés que les chars allaient quitter Benghazi, puis qu'ils étaient arrivés à Ajdabiya, puis qu'ils allaient avancer en direction de Brega. Le général Abdelfatah Younès « Nous avons subi un revers aujourd'hui, mais nos forces ne sont pas responsables de cela », a dit le général Younès. Selon lui, la rébellion dispose d'au moins 400 chars, et elle compte les utiliser. C'est la deuxième fois en moins d'une semaine que les rebelles attribuent à l'alliance militaire une bavure. Selon eux, un raid aérien mené au même endroit samedi dernier s'est soldé par la mort de neuf rebelles et quatre civils. L'attaque a semé la consternation parmi les insurgés et dans la population.« Au lieu d'attaquer Kadhafi, ils nous attaquent. Qu'est-ce qui ne va pas avec nos amis les États-Unis et le Royaume-Uni », s'interroge Souleimane Rifadi, un volontaire à l'hôpital d'Ajdabiya, à 80 km à l'est de Brega. « L'OTAN, ce sont des menteurs. Ils se rangent du côté de Kadhafi », affirme pour sa part Salem Mislat, un rebelle interrogé par Reuters. La nouvelle de cette bavure alléguée soulève aussi la suspicion à Benghazi, berceau de l'opposition libyenne. « C'est incroyable », affirme une résidente rencontrée par la BBC. « S'agit-il vraiment d'une erreur ou de quelque chose qui a été arrangé secrètement? » Pas d'impasse en Libye, selon l'OTAN L'OTAN dément par ailleurs que la Lybie se trouve dans une « impasse » politique ou militaire en Libye, comme l'a affirmé jeudi le général Carter Ham, chef du Commandement américain pour l'Afrique. Le général Ham dirigeait les frappes de la coalition internationale en Libye avant que l'OTAN ne prenne le relais au début de la semaine. « Il n'y a pas d'impasse » en Libye « bien au contraire, la communauté internationale avance pour trouver une solution politique », a assuré une porte-parole de l'OTAN, Oana Lungescu. « Nous savons qu'il ne peut y avoir de solution purement militaire », a-t-elle ajouté, en rappelant que le groupe de contact, qui doit assurer la direction politique du conflit en Libye, se réunira la semaine prochaine au Qatar. Radio-Canada.ca avecAgence France Presse
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