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La Syrie envisage de lever l'état d'urgence

Mise à jour le jeudi 24 mars 2011 à 20 h 17

La Syrie envisage de lever l'état d'urgence

Boussaïna Chaabane, la conseillère du président syrien

Photo: La Presse Canadienne /BASSEM TELLAWI

Boussaïna Chaabane, la conseillère du président syrien

Alors que des dizaines de milliers de manifestants défilaient à nouveau dans les rues de Deraa, le régime syrien a annoncé jeudi qu'il étudiera la possibilité d'annuler la loi sur l'état d'urgence, en vigueur depuis 1963.

S'adressant à la presse au nom du chef d'État, la conseillère du président El-Assad, Boussaïna Chaabane, a également affirmé que les autorités se pencheraient sur l'instauration d'une structure gouvernementale multipartite.

Mme Chaabane a en outre annoncé une série de mesures sociales immédiates en réaction à la grogne populaire : augmenter les salaires des employés de l'État, améliorer l'accès à l'emploi pour les jeunes, adopter une loi sur la liberté de la presse, lutter contre la corruption, entre autres.

Le président El-Assad, dont le parti Baas est au pouvoir depuis plus de 40 ans, n'a pas pris la parole en public depuis le début du soulèvement.

Libération de détenus

La télévision syrienne a annoncé la libération de tous les détenus arrêtés « récemment », après l'annonce d'une série de mesures du gouvernement.
« D'après une directive du président Bachar el-Assad, toutes les personnes détenues lors des récents évènements ont été libérées », a rapporté la télévision d'État.
Des ONG internationales et syriennes ont fait état d'une vague d'arrestations de plusieurs dizaines de personnes depuis le début des manifestations sans précédent contre le régime, le 15 mars.

Manifestation pour les « martyrs » syriens

Plus tôt en journée, plus de 20 000 personnes se sont rassemblées à Deraa, dans le sud du pays, pour assister aux funérailles de protestataires tués la veille.

« La ville a besoin d'une semaine pour enterrer ses martyrs », a affirmé à l'Agence France-Presse le militant Ayman Al-Assouad.

Selon des témoins, le cortège s'est mué en protestation contre le régime du président Bachar El-Assad alors qu'il se dirigeait de la mosquée Omari vers le cimetière. « Par notre âme et notre sang, nous nous sacrifierons pour toi, martyr. », a scandé la foule.

Selon des militants des droits de l'homme, plus d'une centaine de manifestants ont été abattus mercredi par la police dans la ville de Deraa, épicentre de la contestation syrienne.

Un responsable de l'hôpital de la ville avait auparavant déclaré que l'établissement avait reçu au moins 25 cadavres, mercredi en fin d'après-midi. « Ils portaient tous des traces de balles », a-t-il précisé jeudi à l'agence Reuters.

Les autorités ont pour leur part attribué la responsabilité des violences de mercredi à un « gang armé », l'accusant d'avoir tué quatre personnes et « d'emmagasiner des armes dans la mosquée » Omari.

Un mouvement qui perdure

D'importantes manifestations contre le pouvoir se succèdent à Deraa depuis le 18 mars, en dépit de la loi d'urgence instaurée il y a 48 ans. Des protestations ont en outre été signalées dans tout le pays au cours des derniers jours.

Comme dans plusieurs pays du monde arabe depuis le début de l'année, les réseaux sociaux ont contribué à l'organisation du mouvement de contestation.

Une page Facebook intitulée La révolution syrienne contre Bachar El-Assad 2001 semble avoir été le point de départ de l'agitation, qui a commencé par de petits rassemblements à Damas avant de s'étendre au sud du pays.

Cette page appelle à des manifestations pour « une Syrie sans tyrannie, sans loi d'urgence ni tribunaux d'exception ».

Radio-Canada.ca avecAgence France Presse, Associated Press et Reuters

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