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Les combats se poursuivent et poussent les Libyens à l'exode

Mise à jour le mardi 22 mars 2011 à 23 h 42

Les combats se poursuivent et poussent les Libyens à l'exode

Des réfugiés font la file pour obtenir de la nourriture dans un camp érigé au point de passage de Ras Ajdir.

Photo: La Presse Canadienne /AP/Emilio Morenatti

Des réfugiés font la file pour obtenir de la nourriture dans un camp érigé au point de passage de Ras Ajdir.

Des milliers de Libyens fuient leur domicile en raison des combats qui se poursuivent entre forces pro-Kadhafi et insurgés dans l'est du pays, soutient le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), sur la foi de témoignages de réfugiés arrivés en Égypte.

« Les équipes du HCR à la frontière égyptienne avec la Libye ont entendu des nouveaux arrivants que des milliers de Libyens sont déplacés dans l'est du pays et se sont réfugiés dans des maisons, des écoles et des bâtiments universitaires », a déclaré mardi un porte-parole du HCR, Adrian Edwards.

Ces témoins, qui disent fuir par crainte de représailles de la part des forces loyalistes dans l'est, affirment que des déplacements de population sont constatés aussi bien à Ajdabiya, où se trouve la ligne de front dans l'est, qu'à Tobrouk et à Derna, deux villes situées entre Benghazi et la frontière égyptienne.

Selon le HCR, plus de 320 000 personnes ont fui le pays depuis qu'une partie de la population libyenne s'est soulevée, à la mi-février. Plus de 165 000 personnes ont trouvé refuge en Tunisie et plus de 137 000 autres se sont rendues en Égypte. L'Algérie (9000), le Niger (6000) et le Soudan ont aussi accueilli des réfugiés libyens.

Carte de la Libye

Carte de la Libye

Les bombardements et les combats se poursuivent

Pour une troisième nuit d'affilée, des tirs de défense antiaérienne ont été entendus près de la résidence du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi à Tripoli. Des explosions ont aussi été entendues dans le secteur.

Un bâtiment administratif avait déjà été détruit la veille dans ce secteur. La coalition a affirmé qu'il abritait un centre « de commandement et de contrôle » des loyalistes.

Selon des témoins de l'Agence France-Presse, la base navale libyenne de Boussetta, située à 10 km à l'est de Tripoli, a été atteinte par les bombardements.

La situation dans les autres villes de Libye

Misrata
Les forces du colonel Kadhafi ont continué à bombarder Misrata mardi. La situation dans la troisième ville du pays, un des derniers bastions des insurgés libyens est extrêmement difficile.
Un résident a déclaré que 40 personnes avaient été tuées, mais d'autres sources évoquent 5 victimes. Quatre enfants ont également été tués dans la voiture conduite par leurs parents qui fuyaient les combats.Des témoins et des porte-paroles disent que l'hôpital de la ville est surchargé, manque de matériel et de personnel et les blessés sont soignés directement dans les couloirs ou même sont laissés sans soins. Beaucoup d'habitants ont fui dans la banlieue nord relativement plus calme que le sud où se passent la plupart des combats.
Aucun journaliste n'a pu corroborer les faits parce que les autorités libyennes empêchent la presse de se rendre dans la ville.

Yafran
Des habitants déclarent qu'au moins neuf personnes ont été tuées dans des combats entre les deux camps.

Ajdabiya
Les forces pro-Kadhafi tiennent toujours cette ville du nord-est, verrou stratégique vers Benghazi. Les rebelles rassemblés aux portes de la ville essuient régulièrement des tirs d'artillerie.

Des rebelles prennent la fuite devant les tirs de mortiers des forces loyalistes, mardi, à Ajdabiya.

Photo: La Presse Canadienne /AP/Anja Niedringhaus

Des rebelles prennent la fuite devant les tirs de mortiers des forces loyalistes, mardi, à Ajdabiya.

Le régime du colonel Kadhafi, au pouvoir depuis 1969, affirme que la première vague de raids dans la nuit de samedi à dimanche a fait 64 morts et des dizaines de blessés. Ces informations n'ont pas été corroborées par des sources indépendantes.

Diminution attendue de la fréquence des raids

Le général américain Carter Ham, qui dirige actuellement les opérations depuis le centre de commandement Afrique (Africom) à Stuttgart, en Allemagne, a déclaré lundi qu'il fallait s'attendre à une « diminution de la fréquence des attaques ».

« Sauf si quelque chose d'inhabituel ou d'inattendu survient, nous pourrions voir un ralentissement dans la fréquence des attaques. Nous avons déjà vu, entre la première nuit des frappes Tomahawk et la deuxième, une réduction importante », a déclaré lundi soir le chef de la coalition, le général américain Carter Ham.

« L'extension de la zone d'exclusion aérienne, pratiquement d'une frontière à l'autre (égyptienne à tunisienne), devrait nous permettre d'avoir une grande liberté de mouvement », a-t-il poursuivi.

Radio-Canada.ca avecAgence France Presse et Reuters

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