![]() Mise à jour le mardi 29 novembre 2011 à 14 h 29 HAE Le MarocLe Maroc ne fait pas exception à la vague de mécontentement qui souffle sur le monde arabe. Signe d'un malaise profond, plusieurs cas d'immolation ont défrayé la chronique marocaine. Le jeune Mourad Raho, 26 ans, s'est suicidé par le feu le 10 février dernier, pour protester contre ses conditions de vie. Le 22 février, Fadoua Laroui, une mère célibataire de 25 ans, a tenté de mettre fin à sa vie après s'être vu refuser un logement social en raison de son statut.
Dans cette monarchie héréditaire, le « pouvoir absolu du roi », la corruption, le népotisme, le chômage, les inégalités sociales et la cherté de la vie sont autant de facteurs qui alimentent le mécontentement populaire. Répondant à un appel lancé sur Facebook par un groupe de jeunes, des milliers de Marocains sont descendus dans la rue le 20 février, notamment à Rabat, Casablanca et Marrakech, pour réclamer une réforme de la Constitution et la limitation des prérogatives du roi Mohammed VI. Mais la monarchie n'est pas vraiment remise en question. Au lendemain des manifestations du 20 février, le gouvernement a dit avoir compris le message et le roi Mohammed VI s'est dit, dans une allocution, attaché à la « poursuite des réformes ». Les Marocains ont adopté une révision constitutionnelle par voie de référendum en juillet 2011. Tout en préservant la prééminence politique et religieuse du roi, la nouvelle mouture constitutionnelle accorde plus de pouvoirs au premier ministre et au Parlement. Le premier ministre pourra notamment dissoudre le parlement, mais il sera toujours nommé par le roi parmi les députés du parti vainqueur des élections législatives. Une majorité de partis politiques et de syndicats appuyaient le projet constitutionnel ce qui rendait un résultat favorable lors du référendum plutôt prévisible. Les Marocains ont ainsi voté dans une proportion de plus de 90 % en faveur de l'adoption des réformes constitutionnelles pendant que le taux de participations s'élevait à plus de 70 %.
Les élections législatives qui ont suivi l'adoption de la réforme constitutionnelle ont porté un parti d'islamistes modérés au pouvoir. Le roi Mohammed VI a ainsi nommé le secrétaire général du Parti justice et développement (PJD), Abdelilah Benkirane, comme chef du gouvernement. L'homme de 57 ans est devenu le premier islamiste à diriger le gouvernement grâce à la victoire du PJD aux élections du 25 novembre. Le parti a récolté 107 des 395 sièges que compte l'Assemblée législative. Le parti Istiqlal de l'actuel Premier ministre Abbas El Fassi a récolté 60 sièges, suivi par le Rassemblement national des indépendants (RNI) qui a fait élire 52 candidats. Le taux de participation s'est élevé à 45,4 %, alors qu'il était de 37 % en 2007. Situation politique : Sur le trône depuis la mort de son père Hassan II en 1999, le roi Mohammed VI a vite entrepris de redorer l'image d'un palais royal passablement égratignée par des accusations d'autoritarisme, de torture et de restrictions des droits et libertés. Dès son intronisation, le jeune roi a donné l'impression de prendre ses distances avec le Makhzen (la puissante administration), en limogeant l'omnipotent ministre de l'Intérieur Driss Basri. Il a aussi permis le retour d'exil de l'opposant Abraham Serfaty et a lancé d'ambitieux programmes d'alphabétisation. En 2004, Mohammed VI a réformé le code de la famille pour, notamment, défendre les droits de la femme.
La lune de miel a été toutefois de courte durée, puisque le palais royal, tout en envoyant des signes de démocratisation, a renoué avec certaines pratiques liberticides, comme le harcèlement contre certains journalistes et opposants. Au plan social, les disparités n'ont pas cessé de se creuser, alors que le favoritisme et la corruption dans les rouages de l'État ont mis à rude épreuve la crédibilité du nouveau roi. Loin de vouloir se débarrasser de la royauté, les Marocains aspirent à une monarchie parlementaire, qui limiterait les pouvoirs de Mohammed VI et conférerait plus de prérogatives au parlement. Actuellement, le vrai pouvoir est concentré entre les mains du roi, qui nomme le premier ministre en fonction de la majorité parlementaire. La population marocaine se révolte aussi contre la mainmise d'une partie de l'élite sur les ressources du pays. Comme dans d'autres pays arabes, il n'est pas rare d'entendre au Maroc des critiques à l'égard de la famille royale qui, très présente dans divers secteurs de l'économie, serait l'une des plus fortunées au monde. En 2009, le magazine américain Forbes classait le roi du Maroc à la 7e place des monarques les plus riches de la planète.
Fil international en continuMis à jour il y a 4 heures 13 minutesCorrespondants à l'étranger
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