Combats entre partisans de Gbagbo et Ouattara

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Un autobus incendié dans le district d'Abobo d'Abidjan, un jour après de violents affrontements (23 février 2011) Un autobus incendié dans le district d'Abobo d'Abidjan, au lendemain de violents affrontements (23 février 2011)   © AFP/Issouf Sanogo

De nouveaux affrontements ont lieu dans l'ouest de la Côte d'Ivoire entre les partisans du président sortant Laurent Gbagbo et les rebelles du nord, favorables à son rival Alassane Ouattara, président reconnu par la communauté internationale.

Selon un membre des forces de sécurité loyales à Gbagbo, les combats ont débuté mercredi et se poursuivaient jeudi au nord de la ville de Danané, près des frontières libérienne et guinéenne.

Mercredi, la capitale ivoirienne a de nouveau été secouée par des affrontements entre les forces de Laurent Gbagbo et des combattants non identifiés dans un quartier favorable à Alassane Ouattara.

Les Forces de défense et de sécurité (FDS), fidèles à M. Gbagbo, affirmaient mener une « opération d'envergure » pour « sécuriser » le quartier nord d'Abobo, selon un haut responsable militaire qui a tenu à conserver l'anonymat.

« Ça tire sans arrêt », a témoigné un résident du quartier, précisant que « tout le monde est enfermé chez lui ».

L'unité d'élite attaquée

Mardi, un convoi d'une unité d'élite des FDS, le Centre de commandement des opérations de sécurité (CECOS), a été attaqué dans le quartier PK-18 du district d'Abobo. Au moins 20 policiers et soldats ont été tués, et quatre camions saisis, selon un porte-parole militaire d'Alassane Ouattara.

Le bilan n'a pas encore été confirmé. Un autre conseiller de M. Ouattara rapporte une trentaine de morts, incluant des soldats et des membres d'une milice paramilitaire. Un employé du bureau du maire d'Abobo parle quant à lui de 40 morts.

Un haut responsable du CECOS a pourtant affirmé que l'unité avait perdu trois hommes. Sept autres auraient été blessés et sept assaillants tués, selon lui.

Des témoins ont évoqué des combats violents, aux armes lourdes et aux grenades, pendant plusieurs heures.

Ces affrontements surviennent après le départ des présidents de l'Afrique du Sud, du Tchad, de la Mauritanie et de la Tanzanie, qui ont passé deux jours à Abidjan pour tenter d'amener les deux parties à un règlement.

Le quartier PK-18, contrôlé par les partisans de M. Ouattara, a été le théâtre de nombreuses violences depuis les élections du 28 novembre.

Plus de 300 personnes ont été tuées depuis la tenue du scrutin, et le pays est toujours paralysé par le bras de fer opposant M. Gbagbo, qui refuse de quitter le pouvoir et défie les sanctions internationales, à son adversaire Alassane Ouattara.

L'économie ivoirienne subit elle aussi les contrecoups de cette situation, menant à une flambée des cours du cacao, dont la Côte d'Ivoire est le premier producteur mondial.

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