Vlastimir Djordjevic
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PC/AP/Darko Vojinovic
Le Tribunal pénal international (TPI) pour l'ex-Yougoslavie a condamné l'ancien général de la police serbe, Vlastimir Djordjevic, à une peine de 27 ans de prison pour avoir mené une campagne de « terreur » contre les Albanais du Kosovo, en 1999.
« La conduite de l'accusé [...] a contribué de manière significative à la campagne de terreur et d'extrême violence des forces serbes contre les Albanais du Kosovo, dont l'objectif était de changer la composition démographique du Kosovo », a déclaré mercredi le juge Kevin Parker.
L'objectif de cette campagne était de s'assurer que les Albanais « ne soient plus majoritaires » au Kosovo et de permettre aux Serbes de conserver le « contrôle » de ce territoire, a conclu le juge Parker.
M. Djordjevic, 62 ans, a été chef de la sécurité publique de 1997 à 2001 et adjoint du ministre serbe de l'Intérieur. Il exerçait un « pouvoir effectif sur la police au Kosovo », a souligné le magistrat, ajoutant qu'il était responsable du meurtre de « pas moins de 724 Albanais du Kosovo » de janvier à juin 1999.
Il a aussi été reconnu responsable de l'expulsion d'environ 200 000 Albanais du Kosovo. M. Parker a ajouté que « le vrai chiffre était très certainement plus élevé », soulignant que « l'accusé n'a pas commis personnellement les crimes reprochés », mais qu'il « a aidé et encouragé les crimes ».
Vlastimir Djordjevic a été reconnu coupable de meurtre, d'expulsion, de transfert forcé et de persécution pour des raisons politiques, raciales et religieuses. « Il est tenu responsable de n'avoir pas empêché les crimes commis par les policiers sous son commandement et de n'avoir pas pris les mesures nécessaires pour les punir », a déclaré le juge Parker.
Selon l'accusation, les forces armées yougoslaves et serbes sont responsables du meurtre de centaines de personnes et de l'expulsion d'environ un tiers des Albanais hors du Kosovo, soit environ 800 000 d'entre eux.
L'accusé, dont le procès a commencé le 27 janvier 2009, s'est défendu en affirmant que les opérations des forces serbes au Kosovo ne visaient pas la population civile, mais les « terroristes » de l'Armée de libération du Kosovo (UCK). Le juge y a répondu en insistant sur le massacre par la police de 114 hommes et garçons albanais.
M. Djordjevic avait été arrêté le 17 juin 2007 au Monténégro et transféré le jour même à La Haye.