Obama ne défendra plus la définition traditionnelle du mariage

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Barack Obama, président des États-Unis   © PC/Carolyn Kaster

Le président américain a annoncé mercredi que son administration ne défendra plus la loi définissant le mariage comme une union entre un homme et une femme.

Barack Obama a décrété que cette loi fédérale de « Défense du mariage » (DOMA) était « anticonstitutionnelle ». « En conséquence, le président a ordonné au département de la Justice ne plus défendre cette loi », écrit le secrétaire Eric Holder, dans un communiqué.

Le gouvernement américain pouvait auparavant intervenir devant les tribunaux pour s'opposer à l'union des couples homosexuels en invoquant cette loi.

Selon le porte-parole de la Maison-Blanche, Jay Carney, la décision du président ne traduit pourtant pas un changement d'opinion sur le mariage homosexuel. M. Obama avait soutenu, en décembre, que sa position sur le mariage gai évoluait « constamment », bien qu'il ne soit pas prêt « à ce stade » à l'autoriser.

La décision de M. Obama vise l'article 3 de la loi votée en 1996, qui définit le mariage comme étant « seulement une union légale entre un homme et une femme ». Le président estime que ce texte « viole » le 5e amendement de la Constitution protégeant les citoyens contre les abus de l'État, a précisé M. Holder.

À la suite de cette déclaration, la sénatrice démocrate Dianne Feinstein a indiqué qu'elle introduirait un projet de loi pour « abroger la loi une bonne fois pour toutes ».

Présentement, les unions entre époux de même sexe sont autorisées dans cinq États américains (Connecticut, Iowa, Massachusetts, New Hampshire, Vermont) et dans la capitale, Washington D.C.

L'organisation Human Rights Campaign, qui défend les droits des homosexuels, a qualifié cette décision de « monumentale », soutenant que la loi sur le mariage était « discriminatoire ».

L'organisation américaine de défense des droits civils (ACLU) a de son côté salué cette déclaration comme une « manifestation de soutien historique en faveur d'une égalité de traitement des individus devant la loi ».

Seuls les républicains ont exprimé leur mécontentement. « Alors que les Américains veulent que Washington se concentre sur les emplois [...], le président va devoir expliquer pourquoi il pense que c'est le bon moment pour raviver une question qui divise le pays », a déclaré Michael Steel, porte-parole du président de la Chambre des représentants, John Boehner.

Cette décision de l'administration Obama survient deux mois après l'abrogation de la loi Don't ask, don't tell, qui obligeait les militaires à taire leur orientation sexuelle.

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